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Ces départements qui coupent dans les aides sociales

Des enfants déjeunent le 12 septembre 2011 dans un restaurant du centre-ville de Thonon-les-Bains, invités par des commerçants "outrés" par la décision du maire de restreindre l'accès à la cantine des enfants de chômeurs.

Des enfants déjeunent le 12 septembre 2011 dans un restaurant du centre-ville de Thonon-les-Bains, invités par des commerçants "outrés" par la décision du maire de restreindre l'accès à la cantine des enfants de chômeurs. - AFP - Philippe Desmazes

Les conseil départementaux de la Somme, des Hauts-de-Seine, du Nord, de l'Essonne invoquent des difficultés financières pour réduire certaines de leurs aides directes ou indirectes aux familles défavorisées.

Mardi, le Conseil départemental de la Somme, où la droite et le centre sont majoritaires, a fait savoir qu’elle allait supprimer à la rentrée une aide au paiement de la cantine à l'école primaire, qui bénéficiait à 7.000 familles défavorisées. Au total, cette aide coûtait 730.000 euros par an au département.

Mise en place en 2009 par une majorité de gauche, elle était dispensée sous forme de "tickets cantine" d'un montant de 35 euros par trimestre et par enfant, sous condition de ressources.

Le versement du RSA conditionné à du bénévolat?

Cet exemple n’est pas un cas isolé, comme le souligne Le Figaro. qui cite le cas du département du Nord qui a diminué ses subventions aux associations d’accompagnement des personnes handicapées de 10 millions d’euros. Le département des Hauts-de-Seine a aussi renoncé à financer la carte de transport des lycéens et collégiens boursiers. Certains départements en viennent même à remettre en cause des aides obligatoires, comme l’Essonne, qui a souhaité en janvier échelonner sur six ans leur versement, faute de financement ou encore le Haut-Rhin, qui avait émis l'idée d'imposer aux bénéficiaires du RSA, en échange de leur allocation, de travailler 7 heures bénévolement par semaine à partir du 1er janvier 2017. Pour l'instant, cette contrepartie demeure illégale.

De nombreux départements ont alerté l’État au cours des derniers mois, ne pouvant faire face à leurs dépenses sociales qui ont explosé. Ces collectivités ont vu le coût des aides sociales progresser ces dernières années. Ils sont notamment chargés de cofinancer le RSA, l’aide personnalisée d’autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap. Dans le même temps, les départements ont vu leurs dotations de l’État diminuer. La dépense la plus importante, celle liée au RSA, était compensée à hauteur de 90% en 2009 et ne l’est aujourd’hui qu’à hauteur de 61%.

A.R. avec AFP