BFM Business

Attractivité: la France resiste

La France est la première destination européenne pour les projets industriels.

La France est la première destination européenne pour les projets industriels. - -

Selon le dernier baromètre Ernst & Young, publié ce mardi 27 mai, dont BFM Business est partenaire, la France a vu en 2013 le nombre de projets d'implantations sur son sol augmenter. Mais l'écart se creuse pourtant avec ses voisins directs.

C'est un baromètre mi-figue mi-raisin que publie, ce mardi 27 mai, le cabinet Ernst & Young. Cette étude, dont BFM Business est partenaire, porte sur l'attractivité de la France en 2013.

Selon le cabinet, "la France ne décroche plus". Ainsi le nombre de projets d'implantations étrangères dans l'Hexagone a augmenté, passant de 471 en 2012 à 514 en 2013, soit une hausse de 9%. "Le site France ne retrouve pas son niveau d’avant-crise, mais semble inverser la tendance à la baisse observée depuis 2010", observe Ernst & Young. En termes d'emplois créés, 14.122 nouveaux postes ont été générés en 2013, contre 10.542 l'année précédente.

Seulement voilà, si la France a fait mieux qu'en 2012, c'est également le cas de ses principaux voisins, à savoir le Royaume-Uni et l'Allemagne. Avec ses 514 projets d'implantations, Paris reste ainsi loin de Londres, qui compte 799 unités (+15%) et de Berlin, avec 701 projets et une hausse de 12%.

En panne de Bric

En outre, Ernst & Young souligne que l'économie française attire moins les BRIC (Brésil Russie Inde et Chine) que ses voisines. "La France ne parvient toujours pas à attirer les projets venant des autres investisseurs émergents: on ne dénombre que 3 projets indiens et 2 brésiliens", constate le cabinet.

Ainsi les projets d'implantations en France proviennent d'abord des Etats-Unis (25%) avec 127 projets. Les BRIC, eux, ne représentent que 19 projets pour moins de 4% du total. Pour donner un ordre de comparaison, l'Allemagne a accueilli 107 projets en 2013 venant de ces pays émergents, et le Royaume-Uni 87.

Des implantations industrielles qui ne créent pas d'emploi

Autre élément de comparaison peu flatteur, le futur. Seulement 34% des investisseurs jugent ainsi que l'attractivité de la France va s'améliorer dans les cinq années à venir. Un taux qui grimpe à 49% pour l'Allemagne et 54% pour le Royaume-Uni.

Parmi les mesures urgentes à prendre pour améliorer la compétitivité les investisseurs sont 43% à citer l'allègement du poids de la fiscalité. Viennent ensuite le coût du travail (34%) et l'environnement juridique des affaires (32%).

Ernst & Young met également en valeur un paradoxe. Si la France est la première destination européenne pour les implantations industrielles (166 projets), elle ne pointe qu'au huitième rang en terme de créations d'emplois dans cette branche. "Les implantations industrielles progressent, mais restent peu créatrices d’emplois", résume Ernst & Young.

J.M.