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Après un demi-siècle de déficits Bercy prévoit de sortir du rouge en 2022

Le gouvernement a revu à la hausse ses prévisions de croissance du PIB et a revu à la baisse ses prévisions de déficit public pour l'année 2018.

Dans sa nouvelle trajectoire macroéconomique, qui doit être envoyée à la Commission européenne dans le cadre du "programme de stabilité budgétaire", le gouvernement prévoit désormais une croissance de 2% pour 2018 et 1,9% pour 2019, contre 1,7% anticipés auparavant pour ces deux années. Il table ensuite sur une croissance de 1,7% en 2020, 2021 et 2022.

Bercy a par ailleurs révisé à la baisse sa prévision de déficit public à 2,3% du produit intérieur brut en 2018 et 2,4% en 2019, au lieu des 2,8% et 2,9% jusque-là indiqués. Ces révisions budgétaires tiennent compte des résultats meilleurs que prévu en 2017: la France a enregistré une hausse de 2% de son PIB, lui permettant de ramener son déficit public à 2,6% du PIB.

Vers une meilleure réduction de la dette publique 

L'amélioration du solde public devrait ensuite se poursuivre en 2020 (0,9% de déficit), 2021 (0,3%) et en 2022, où le gouvernement table sur un excédent budgétaire de 0,3%. La dette publique devrait aussi se réduire plus que prévu sur la période 2018-2022: elle devrait ainsi s'établir à 96,4% du PIB en 2018 (contre 96,8% prévus auparavant) et atteindre en 2022 89,2% du PIB.

Les prévisions concernant le taux de prélèvements obligatoires, qui regroupe l'ensemble des impôts et taxes perçus par l'administration, ont en revanche été révisées à la hausse, à 45% du PIB pour 2018.

L'an dernier, ce taux avait fortement augmenté, passant de 44,6% à 45,4% du PIB, en raison de la contribution exceptionnelle mise en place pour compenser le remboursement de la taxe à 3% sur les dividendes, mais aussi des fortes rentrées fiscales liées à l'accélération de la croissance. Désormais, il prévoit que ce taux s'établira en 2022 à 44,3% du PIB.

Quant au taux de dépense publique, il s'établira finalement à des niveaux un peu plus élevés que prévus dans le dernier projet de loi de finances: il devrait atteindre 54,4% du PIB en 2018 (contre 53,9% prévus auparavant), et baisser jusqu'à 51,1% en 2022 (contre 50,9%).

Ce programme de stabilité, dit "PSTAB", sera présenté en Conseil des ministres par le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et son collègue des Comptes publics, Gérald Darmanin, puis débattu au Parlement. Le document, qui fera l'objet d'un avis du Haut Conseil pour les Finances publiques (HCFP), sera transmis avant le 30 avril à la Commission européenne, qui fera part de ses recommandations courant mai. 

A.M. avec AFP