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Face à la crise économique, la France milite pour un fonds d'urgence de la zone euro

L'Eurogroupe se réunit pour tenter de trouver une réponse commune à cette crise. L'idée d'un "fonds d'urgence" pour aider les secteurs en difficulté semble se dessiner.

Un fonds d’une durée de 5 à 10 ans, partagé par tous les pays européens et avec un objectif clair: aider l’Europe à se relever après la crise. Voici la proposition de la France que pourraient valider, mardi, les ministres des Finances de la zone euro lors de leur réunion.

Les montants alloués de ce fonds iraient financer les systèmes de santé et les secteurs les plus touchés par la récession comme l’automobile ou l’aérien, particulièrement en souffrance.

La France veut encore discuter avec ses partenaires européens de l’enveloppe dédiée à ce fonds mais elle propose deux leviers pour le financer: un impôt de solidarité exceptionnel ou alors la contribution de chaque Etat membre.

"Dépasser les débats idéologiques"

Enfin, ce fonds serait distinct du budget européen et piloté par la commission qui répartirait les montants entre chaque pays en fonction de la gravité de la crise touchant leur économie.

Reste maintenant à convaincre des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou l'Autriche jusqu’ici réticents à l’idée de mettre en place des instruments financiers partagés. Mais la France prévient: "Il est l’heure de dépasser les débats idéologiques et l’Europe ne s’en sortira pas si elle ne fait pas preuve de solidarité."

La BEI dans la boucle

Dans une tribune commune, publiée dans le Figaro et le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand et son homologue allemand Wolfgang Schäuble plaident d'ailleurs pour "plus de solidarité et d'intégration financière" en Europe. "Nous pouvons et devons ainsi mobiliser et étendre avec toute la flexibilité requise le budget européen et le cadre financier pluriannuel (CFP) et l’ensemble des fonds structurels, régionaux et sociaux", et également "la Banque européenne d’investissement" ainsi que "le mécanisme européen de stabilité".

Le fonds de garantie proposé par la France, qui émane en réalité d'une proposition de la Banque européenne d'investissement (BEI), pourrait permettre à cette dernière de mettre sur la table 200 milliards d'euros supplémentaires, en s'adossant au fonds abondé par les Etats.

Thomas Leroy avec Thomas Sasportas