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Fabius veut développer la "démocratie économique"

Une Direction des entreprises et de l'économie internationale, prônée par Laurent Fabius, a été crée ce vendredi 1er mars

Une Direction des entreprises et de l'économie internationale, prônée par Laurent Fabius, a été crée ce vendredi 1er mars - -

Une Direction des entreprises et de l'économie internationale est créée au Quai d'Orsay. Voulue par Laurent Fabius, elle aura pour mission de veiller aux intérêts des entreprises françaises dans le monde. Et de favoriser les exportations.

Laurent Fabius y tenait absolument, c’est chose faite. Une Direction des entreprises et de l'économie internationale a été créée au Quai d'Orsay, afin notamment de veiller aux intérêts des entreprises françaises dans le monde, a annoncé ce vendredi 1er mars le ministère des Affaires étrangères.

Cette direction "constituera le point d'entrée dans le ministères pour les entreprises, grands groupes comme PME", a indiqué le porte-parole du Quai, Philippe Lalliot. "Elle s'assurera également que leurs intérêts sont bien pris en compte à l'occasion des négociations susceptibles d'avoir un impact sur leurs activités, en particulier sur les sujets liés à la régulation économique internationale", a-t-il ajouté. Jacques Maire, diplomate et ancien cadre dirigeant du groupe Axa, a été nommé à la tête de cette direction.

La priorité de Laurent Fabius

Cette direction a été créée dans le cadre de la "diplomatie économique" dont Laurent Fabius a fait l'une de ses priorités. "L'ambassadeur doit être à la tête de l'équipe de France de l'export". Ainsi s'exprimait le ministre, le 23 août dernier, devant les ambasseurs de France réunis en conférence annuelle au Quai d'Orsay.

Depuis son arrivée au Quai, l'ancien Premier ministre veut développer la "diplomatie économique". En clair faire que nos diplomates fassent un peu moins de politique mais aident davantage les exportateurs français à décrocher des contrats dans les pays où ils sont en poste. Pour Laurent Fabius, le Quai d'Orsay doit aussi participer à la réduction du déficit commercial.

Il va avoir du travail pour y arriver. Outre les réticences des diplomates à parler économie, le réseau diplomatique français - le troisième du monde en importance après celui des Etats-Unis et de la Chine- est encore construit en fonction des intérêts tricolores d'il y a un demi-siècle. Laurent Fabius doit d'ailleurs recevoir un rapport sur la réorganisation de ce réseau avant la fin de l'année.

51 diplomates en Corée, 186 à Madagascar

Le rapport budgétaire concernant les crédits des Affaires étrangères signé du député PS Jérôme Lambert contient à ce propos quelques exemples parlants. "En Chine, nos services diplomatiques comptent 303 agents, soit 56 de moins qu'au Maroc alors que la France importe près de 40 milliards d'euros de produits chinois par an, avec un déficit annuel proche de 30 milliards contre un commerce dix fois moindre avec le Maroc", constate le parlementaire. La France a cependant ouvert quatre nouveaux consulats dans des grandes villes chinoises depuis 2000.

Autre exemple : la Corée, pays pourtant en fort développement depuis des années et avec qui nous échangeons pour 6,4 milliards d'euros de marchandises. Seuls 51 diplomates y sont présents contre 186 à Madagascar pour des échanges inférieurs à 500 millions.

Même chose pour la Russie. Malgré 12,2 milliards d'euros d'importations russes, et 6 milliards de déficit commercial au détriment de la France, nous ne comptons que 222 agents diplomatiques dans le pays contre 253 au Sénégal avec qui la France échange moins d'un milliard par an.

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