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Européennes : les entreprises s'impliquent

Les entreprises communiquent sur l'Europe

Les entreprises communiquent sur l'Europe - LAURIE DIEFFEMBACQ / BELGA / AFP

Les entreprises s'engagent dans la campagne des européennes. Objectif : sensibiliser un maximum de salariés aux enjeux d'une élection qui, en général, mobilise peu.

Les entreprises ont pris leur bâton de pèlerin. Récemment, une centaine de patrons ont publié un manifeste « Europe Je Vote ! ». Parmi eux, Jean-Pierre Letartre (EY), Frédéric Mazzella (Blablacar), Jean-Luc Petithuguenin (Paprec). Toutes ces entreprises se sont engagées à informer leurs salariés sur ce que l’Europe apporte à l’activité économique. Ainsi le groupe Allianz, dont 70% de l’activité se font en Europe, organise des débats avec des personnalités européennes, ouverts aux collaborateurs. « La question d’une possible dislocation de l’Europe, ou au contraire d’une intensification des efforts d’harmonisation n’est pas indifférente aux entreprises…et notre responsabilité d’assureur est de prendre en compte ce risque politique émergent », témoigne son PDG Jacques Richier.

Initiative inédite des partenaires sociaux

Autre initiative : les consultants d’EY qui suivent la Commission Européenne, ont monté un cycle de conférences et de formations pour les collaborateurs du groupe, « pour s’assurer que chaque jour plus de personnes sachent ce que l’Europe représente dans la réussite d’EY, de ses clients et de ses équipes », écrit son PDG Jean-Pierre Letartre. Idem du côté d’Euler Hermès, le groupe a lancé en février dernier une campagne de sensibilisation à l’Europe auprès de ses collaborateurs à travers 50 pays.

Les organisations patronales s’impliquent aussi dans une campagne inédite. Pour la première fois dans le cadre d’une élection, les partenaires sociaux se sont exprimés d’une seule voix (Medef, CFDT, CFTC, CPME…). Ils ont publié fin avril une tribune, « l’Europe que nous voulons ». Il s’agit d’un appel à la mobilisation pour défendre une Europe « indépendante, compétitive, et solidaire ».

Le Medef très investi

En parallèle, le Medef a lancé sa propre campagne l’année dernière. Baptisée « Merci l’Europe », l’objectif est de sensibiliser les 173 000 entreprises adhérentes afin d’inciter les 10 millions de salariés qui les composent d’aller voter. Un kit électoral leur a été adressé sur tout le territoire. Il s’agit de rappeler à quoi sert le parlement, la spécificité d'une élection à un seul tour, ou encore l’importance de choisir des députés qui vont voter la loi à Bruxelles pendant 5 ans. Au Medef on estime que le Brexit a été une grosse piqûre de rappel sur l’importance de l’Europe pour les entreprises (la libre circulation des personnes, des biens et des services).

« Il y a aussi une vraie prise de conscience face aux nouveaux enjeux commerciaux et industriels. Car aujourd’hui, l’enjeu est de savoir comment on veut peser face à Donald Trump et Xi Jinping. », analyse un responsable patronal certain que les entreprises et leurs salariés sont aujourd’hui plus impliqués dans ces élections européennes qu’il y a cinq ans.

Peser face aux blocs chinois et américains

La CPME prend aussi le sujet très au sérieux. Son principal message : l’Europe est bonne pour les entreprises. Selon son président François Asselin, « ce n’est pas l’amour béa, mais sans l’Europe, difficile pour les PME de vivre entre les blocs chinois et américains ». La CPME a reçu toutes les têtes de listes. Elle a publié un document avec 11 propositions. Parmi elles, mieux associer les entreprises dans l’élaboration des lois. A chaque nouveau projet législatif, rendre obligatoire une étude d’impact sur les PME, et adopter la loi à la seule condition qu’elle apporte une plus-value aux petites entreprises.

Autre proposition : nommer un ministre des finances de la zone euro, afin de mieux coordonner les politiques fiscales des Etats Membres, ou encore donner plus de liberté aux Etats membres pour fixer des taux réduits de TVA…La CPME demande aussi à Bruxelles de poursuivre des efforts pour encadrer le régime des travailleurs détachés.

Le METI, et CroissancePlus qui représentent les Entreprises de Taille Intermédiaires et les PME de croissance font aussi entendre leur voix. Ils ont formulé 15 propositions avec toujours ce soucis d'être mieux pris en compte dans l'application des politiques publiques européennes.

Les initiatives ne manquent donc pas pour tenter de mobiliser les salariés. Alors que ces élections européennes sont souvent marquées par une forte abstention (56% en 2014, 59.36% en 2009), l’unique consigne que donnent les organisations patronales et toutes ces entreprises impliquées à leurs salariés : allez voter.