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Espagne : la rue conteste, le gouvernement ne plie pas

C’est en Espagne que les manifestations anti-austérité européennes sont les plus vastes ce mercredi

C’est en Espagne que les manifestations anti-austérité européennes sont les plus vastes ce mercredi - -

Des défilés ont lieu dans toute l’Europe ce mercredi 14 novembre, pour protester contre la rigueur, la précarité et le chômage. En Espagne, où la contestation est particulièrement forte, on refuse toujours l’aide européenne.

L’Europe s’unit… pour une journée de mobilisation contre l'austérité. De vastes manifestations se tiennent, ce mercredi, au Portugal et en Espagne.

Les Espagnols vivent, eux, leur deuxième grève générale de l'année. La mobilisation a commencé dans la nuit de mardi Les drapeaux et les piquets de grève des principaux syndicats ont été sortis dans toutes les grandes villes du pays. Dans le centre de Madrid, des incidents ont eu lieu.

Une nouvelle fois, c'est la politique d'austérité menée par le gouvernement de centre droit de Mariano Rajoy qui est la cible. Une politique qui prévoit 150 milliards d'euros d'économies d'ici 2014. Ces premières mesures ont pourtant permis à l'Espagne de se financer pour l'année en cours. Mais le problème, c'est 2013.

Pas question pour Madrid de faire le premier pas

L’année prochaine, le pays aura besoin d'émettre plus de 100 milliards d'euros de dettes pour faire face à ses besoins. Le Trésor espagnol ne pourra y parvenir sans l'appui de la Banque centrale européenne. La BCE a justement lancé en septembre un nouveau programme d'achat de dette pour les pays de la zone euro en difficultés, en premier lieu l'Espagne.

Seule condition pour en bénéficier : en faire la demande. Or malgré la pression de ses voisins, pas question pour Madrid de céder et de faire le premier pas. Pour le gouvernement espagnol, l'aide financière européenne serait synonyme d'une cure d'austérité encore plus sévère. Et de manifestations populaires encore plus énormes.

Isabelle Gollentz