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Élection régionale cruciale pour Angela Merkel en Allemagne

Dans un bureau de vote de Bonn. Les Allemands votent ce dimanche en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour une élection régionale qui s'annonce serrée et pourrait priver la chancelière Angela Merkel de sa majorité à la chambre haute du parlement en cas de défai

Dans un bureau de vote de Bonn. Les Allemands votent ce dimanche en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour une élection régionale qui s'annonce serrée et pourrait priver la chancelière Angela Merkel de sa majorité à la chambre haute du parlement en cas de défai - -

par Paul Carrel BERLIN - Les Allemands ont voté dimanche en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour une élection régionale qui s'annonce serrée et pourrait...

par Paul Carrel

BERLIN (Reuters) - Les Allemands ont voté dimanche en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour une élection régionale qui s'annonce serrée et pourrait priver la chancelière Angela Merkel de sa majorité à la chambre haute du parlement en cas de défaite.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08h00 dans le Land le plus peuplé d'Allemagne, où le scrutin constitue un premier test six mois après la formation de la coalition gouvernementale entre la CDU-CSU d'Angela Merkel et les libéraux du FDP.

A midi, la participation était de 30%, un peu moins que lors du précédent scrutin de 2005.

Les derniers sondages en date traduisent une érosion des intentions de vote pour les chrétiens démocrates de la CDU et le FDP, qui dirigent actuellement la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et doivent la conserver pour garder la majorité au Bundesrat.

"Le résultat n'est pas prévisible, tout se jouera sur le fil du rasoir mais je suis optimiste, il faut attendre", a déclaré Jürgen Rüttgers, "ministre-président" CDU du Land, après avoir voté.

Hannelore Kraft, dirigeante locale des sociaux-démocrates, était très détendue au moment de mettre son bulletin dans l'urne. "Nous avons beaucoup travaillé ces cinq dernières années, nous en verrons aujourd'hui les résultats", a-t-elle lancé avant d'aller regarder à la télévision, a-t-elle dit, le Grand Prix d'Espagne de F1.

SIX SIÈGES SUR 69 AU BUNDESRAT

Le scrutin a largement été éclipsé par le déblocage de l'aide à la Grèce, une décision très impopulaire et marquée par un changement de la position de Merkel, d'abord opposée à l'octroi de prêts massifs à Athènes.

Environ 13,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans cette région de 18 millions d'habitants de l'ouest du pays, dont l'économie pèse aussi lourd que celles de la Pologne et de la République tchèque additionnées.

"L'élection est extrêmement importante parce qu'il s'agit du premier scrutin après les élections fédérales et qu'elle est perçue comme un test", estime Gerd Langguth, politique à l'université de Bonn et biographe de la chancelière.

Une défaite priverait donc la coalition au pouvoir à Berlin de sa majorité au Bundesrat et pourrait entraver le programme de réformes - notamment les réductions d'impôts - sur lequel les deux camps se sont accordés après les législatives de septembre.

En vertu du système politique allemand, les partis qui forment les gouvernements de chacun des 16 Länder se voient attribuer un certain nombre de sièges au Bundesrat.

La Rhénanie-du-Nord-Westphalie dispose de six sièges sur 69, soit le contingent le plus important.

Il y a cinq ans, le revers enregistré dans ce Land avait conduit le chancelier SPD d'alors Gerhard Schröder à convoquer des législatives anticipées, remportées par Merkel.

Aucun observateur ne dit s'attendre à un tel scénario, mais une défaite de la CDU marquerait un renversement de tendance après une décennie de progression du vote chrétien-démocrate.

"Si la CDU perd sa majorité avec le FDP, ce à quoi on peut s'attendre, ce ne sera pas une catastrophe mais cela rendre sans aucun doute les choses plus compliquées et difficiles pour la chancelière", prédit Langguth.

Paul Carrel, avec Madeline Chambers, Eric Faye, Grégory Blachier et Guy Kerivel pour le service français