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Edouard Philippe : ce qu’il faut attendre de la déclaration de politique générale

Édouard Philippe

Édouard Philippe - Thomas Samson - AFP

Le Premier ministre s’exprime ce mercredi à 15h à l’Assemblée nationale pour détailler les contours de « l’acte II » du quinquennat d’Emmanuel Macron. Fiscalité, retraites, travail… les grands points attendus.

Une heure de discours, suivi d’un vote, pour entamer une nouvelle séquence de la présidence Macron. Le Premier ministre Edouard Philippe est attendu, ce mercredi à 15h (à suivre en direct sur BFM Business), à l’Assemblée nationale pour sa déclaration de politique générale. L’occasion pour lui d’établir une feuille de route, dans un calendrier chargé, et d’apporter des précisions sur les grandes lignes esquissées par Emmanuel Macron, le 25 avril dernier.

Politique

Crise des gilets jaunes et percée des écologistes aux dernières élections européennes… ce seront les deux évènements que le Premier ministre devra prendre en compte pour la suite de la législature. Clairement, il va falloir accélérer sur l’écologie, plébiscitée par les derniers sondages. Emmanuel Macron en avait fait une de ses priorités mais avait reculé sur certains sujets comme la taxe carburant. Cette fois-ci, pas d'annonces fracassantes mais la volonté d'adapter l'écologie au quotidien et aux territoires.

Fiscalité

C’est l’une des grandes promesses du président de la République : une baisse de l’impôt sur le revenu, notamment pour les classes moyennes. Ainsi, environ 16 millions de foyers fiscaux devraient être concernés, à l’exception de la tranche à 41 % ou 45 % (à partir de 73 780 euros de revenus annuels) dont le taux d’imposition ne devrait pas changer.

Emmanuel Macron avait évoqué une facture de 5 milliards d’euros, c’est sur cette question que le Premier ministre sera attendu. Le premier axe devrait être la réduction des dépenses publiques. Le deuxième concerne la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises. On évoque ainsi le taux réduit de gazole non routier pour les engins de chantier ou encore la réduction d'impôt pour les dépenses de mécénat.

Retraite

C’est l’autre grand chantier dont on esquisse encore mal les contours définitifs. Après les concertations, menées par Jean-Paul Delevoye, le texte définitif devrait être présenté courant juillet. Avec un objectif clair : « la nécessité de travailler davantage ». Si cela ne passera pas par un recul de l’âge de départ, (Emmanuel Macron a évacué cette hypothèse en avril dernier), le gouvernement devrait privilégier un système de bonus-malus pour inciter les Français à travailler plus. Edouard Philippe aura donc l’occasion de préciser les contours de la future loi, qui sera vraisemblablement présentée en Conseil des ministres en septembre prochain.

Assurance-chômage

Edouard Philippe devrait lever le voile sur cette réforme très attendue, ce mercredi. Le Premier ministre devrait ainsi confirmer la réduction des droits des chômeurs, et notamment la possibilité de cumuler allocations et revenus. De la même façon, les allocations pour les plus hauts revenus devraient être plafonnées.

Travail

C’est peut-être le paragraphe le plus sensible. Celui du bonus-malus sur les contrats courts, censé dissuader les entreprises d’embaucher en CDD. Là-dessus, Matignon et le ministère du travail peinent à se mettre d’accord puisque Edouard Philippe craint que cela ne casse la dynamique de l’emploi en France. Emmanuel Macron doit trancher.

Institutions

Au-delà du volet économique, le Premier ministre est attendu sur celui des institutions. La question de la dose de proportionnelle aux législatives n’a pas encore été réglée, même si Emmanuel Macron a évoqué 20%. Et quelle réduction du nombre de parlementaires ? L’exécutif cherche à gagner le vote du Congrès, et donc du Sénat, plutôt rétif à ces projets. « Il est nécessaire d'avoir un accord du Sénat. Si on n'a pas la certitude d'aboutir, s'engager dans ce processus n'aurait pas de sens » a encore expliqué Edouard Philippe, ce mardi.