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Dette grecque: le FMI veut geler tous les remboursements jusqu'en 2040

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- - La Grèce ploie sous une dette de plus de 300 milliards d'euros

"Afin de rendre le poids de la lourde dette hellénique plus soutenable, le fonds presse les Européens d'accepter un moratoire total jusqu'en 2040, rapporte le Wall Street Journal. Ce qui se heurte évidemment à la volonté de Berlin."

C'est un casse-tête sur lequel les Européens planchent depuis maintenant six ans: comment rendre la dette grecque, véritable fardeau du pays hellénique (environ 180% du PIB et plus de 300 milliards d'euros), soutenable?

Le Fonds monétaire international milite en tout cas pour une solution pour le moins radicale, selon le Wall Street Journal. Le fonds presse ainsi les Européens d'accepter un moratoire total sur la dette grecque jusqu'en 2040. Ce qui signifie que le gouvernement grec ne rembourserait à ses collègues européens ni le capital ni les intérêts de paiement des prêts accordés par les pays de la zone euro pendant près de 25 ans.

Convaincre le FMI

La Grèce se mettrait ensuite à rembourser petit à petit des crédits qui seraient étalés jusqu'en 2080. Les taux d'intérêt seraient bloqués à 1,5% pendant "trente ou quarante ans", d'après le quotidien des affaires.

Le FMI estime que ces mesures permettraient facilement de maintenir le niveau du service de la dette (ce qu'Athènes doit rembourser chaque année pour honorer ses échéances) durablement sous les 15% du PIB. 

Le Wall Street Journal explique que cette proposition se heurte aux réticences de l'Allemagne qui rechigne à faire de nouvelles concessions trop fortes envers Athènes mais qui compte aussi faire participer le FMI au nouveau plan d'aide financière. "La chancelière allemande Angela Merkel considère depuis longtemps le FMI comme essentiel à la crédibilité de ce plan d'aide", explique le quotidien.

À l'heure actuelle le FMI refuse de participer au troisième plan d'aide signé en juillet dernier par les Européens en l'absence de toute restructuration de la dette hellénique. Christine Lagarde, la directrice générale du FMI l'avait d'ailleurs rappelé début mai aux ministres des Finances de la zone euro dans une lettre que s'était procurée le Financial Times. "Nous pensons que des mesures spécifiques, une restructuration de la dette et des financements doivent faire l'objet de discussions simultanées", écrivait-elle.

J.M.