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Dernière ligne droite pour le budget 2014

Malgré les annonces répétées, les experts anticipent que ce que l’on appelle les prélèvements obligatoires, vont encore augmenter par rapport à la richesse produite.

Malgré les annonces répétées, les experts anticipent que ce que l’on appelle les prélèvements obligatoires, vont encore augmenter par rapport à la richesse produite. - -

LA CHRONIQUE ECO - Dernière main au budget 2014. Malgré les annonces, les prélèvements obligatoires risquent d'augmenter par rapport à la richesse produite. Le taux de prélèvement était de 42,5% en 2010, 44% à l’élection de F. Hollande et de 46,5% en 2014.

Le gouvernement planche sur les dernières lignes du projet de budget pour 2014. Et, malgré la volonté et les annonces répétées, impôts et cotisations sociales vont encore augmenter par rapport à la richesse produite...

Les impôts augmentent sans cesse ; tout le monde en a conscience à titre personnel. Est-ce que cela se retrouve dans les chiffres qui caractérisent la situation générale de l

L’augmentation rapide et brutale des impôts n’est pas le fantasme des Français, prompts par tempérament à râler. C’est une réalité qui concerne tous les gouvernements depuis 2009. Ce que l’on appelle le taux de prélèvements obligatoires, c'est-à-dire le rapport entre les impôts et les cotisations sociales d’une part et les revenus distribués d’autre part est passé de 42% en 2009 à 46,3% cette année et sera probablement de 46,5% l’année prochaine. Dans les pays comparables, seul le Danemark a un taux de prélèvements supérieur. En outre, en deux ans, 84 impôts ont bougé, c'est-à-dire que le prélèvement est non seulement important mais aussi de plus en plus difficile à prévoir. La fiscalité française est doublement pénalisante : par son niveau et par son évolution qui entretient une permanente incertitude.

Qui paie en fait, les ménages ou les entreprises ?

Par rapport aux autres pays, la caractéristique de la fiscalité française est d’abord le poids des cotisations sociales. Les chefs d’entreprise mettent souvent en avant cet état de fait car cela alourdit le coût du travail, même si ce qui pénalise l’embauche c’est plus particulièrement les rigidités du code du travail. La seconde caractéristique est le fait que l’impôt sur le revenu est très concentré. 53% des foyers fiscaux le paient. Et 40% de cet impôt sont acquittés par1,5 % des foyers fiscaux.

Il faut amorcer la décrue ; où doit porter l

En fait, on voit les hausses d’impôts de l’Etat mais sur longue période, les grandes dérives constatées le sont sur la Sécurité sociale et les collectivités locales. Pour le ministre des finances, il faut exiger du système public des économies pour pouvoir réduire les impôts et ces économies ne peuvent se limiter à la dépense de l’Etat. Quand on parle des dépenses des collectivités locales et des hausses d’impôts qui ont accompagné leur gonflement, les élus locaux mettent en avant les charges qui leur ont été imposées par la décentralisation. Mais une analyse précise montre que la décentralisation explique la moitié de la hausse des dépenses locales. L’économie française a clairement atteint la limite du supportable en termes de fiscalité et les collectivités locales y sont pour beaucoup. La correction va passer par une épreuve de force avec les partenaires sociaux concernant la sécurité sociale et les nouvelles féodalités nées de la décentralisation.

Jean-Marc Daniel