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Déficit: Macron refuse de serrer davantage la ceinture

Emmanuel Macron ne veut pas aller plus loin dans les économies budgétaires

Emmanuel Macron ne veut pas aller plus loin dans les économies budgétaires - Patrick Kovarik - AFP

Alors que Bruxelles demande à la France de faire des efforts supplémentaires sur son déficit , le ministre de l'Economie a assuré ne pas vouloir faire plus que les 50 milliards d'euros d'économies prévues pour la période 2015-2017.

Paris va réussir à réduire davantage son déficit sans coupe budgétaire supplémentaire. C'est le message qu'a voulu faire passer ce lundi 2 mars le ministre de l'Economie Emm anuel Macron, après que la Commission européenne a, la semaine dernière, appelé la France à aller plus sur la réduction de son déficit.

"Nous atteindrons l'objectif de 3% en 2017. Nous respecterons nos engagements", a-t-il déclaré à la presse. "Nous ferons 50 milliards d'euros d'économies, mais pas plus", a-t-il ajouté, faisant valoir que des coupes supplémentaires seraient néfastes tant pour l'économie française que pour la zone euro.

Vendredi 27 mars, la Commission européenne a recommandé à la France de faire des efforts supplémentaires pour ramener son déficit public à 4,0% du produit intérieur brut à la fin de cette année, à 3,4% fin 2016 et à 2,8% fin 2017.

La France "en capacité de satisfaire Bruxelles"

Le ministre des Finances Michel Sapin avait alors déclaré que Paris était "en capacité de respecter cette trajectoire "exigeante" et "réaliste". Il ajoutait n'avoir "aucune inquiétude" concernant la cible pour 2015 (4% du PIB).

A Paris, on estime néanmoins que les demandes de la Commission pour 2016 et 2017 reviennent à augmenter de plus de 30 milliards l'effort d'économies, ce qui "n'est pas raisonnable macro-économiquement", explique-t-on, car "cela cassera la croissance". En revanche, l'effort supplémentaire demandé pour 2015 "sera fait", indique-t-on de même source.

Pour cette année, la Commission a en effet fixé à la France un effort structurel de 0,5 point de PIB, le minimum exigé par l'UE. Mais elle estime pour l'instant que les plans soumis par le gouvernement français ne permettent qu'une réduction de 0,3 point. Il manque donc 0,2 point, l'équivalent de 4 milliards d'euros.

Le sujet doit être discuté le 10 mars au cours d'une réunion des ministres des Finances européens à Bruxelles, et la France va devoir batailler pour convaincre ses partenaires, dont certains s'irritent des délais à répétition obtenus par Paris pour ramener son déficit dans les clous européens.

J.M. avec agences