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Déficit italien: « Rome ne fera pas marche arrière »

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- - Andreas SOLARO / AFP

Le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio prévient: « Rome ne fera pas marche arrière ». Une réponse à la Commission européenne qui s'inquiète des objectifs de déficit de l'Italie.

Luigi Di Maio met les choses au clair après la lettre adressée vendredi au ministre italien de l'Economie. Dans ce courrier de 2 pages, la Commission européenne se dit préoccupée par la révision à la hausse des objectifs de déficit de l'Italie par rapport au gouvernement précédent. Le chef du Mouvement 5 Etoiles a clarifié la situation hier devant les télévisions italiennes: « Nous nous attendions à ce que cette manoeuvre ne plaise pas à Bruxelles, maintenant commence une phase de discussions avec la Commission, mais il doit être clair qu'on ne fera pas marche arrière ».

Dans ce courrier, le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, et le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, restent prudents. Ils sont certes inquiets, mais disent toutefois attendre de recevoir d'ici le 15 octobre le projet de loi de finances complet avant de l'évaluer.

Le ministre de l'Economie, Giovanni Tria avait écrit jeudi à Bruxelles pour confirmer les prévisions de réduction du déficit public italien, qui passera de 2,4% du PIB l'an prochain à 2,1% en 2020 pour clore à 1,8% en 2021. La Commission européenne estime qu'il s'agit d'une « déviation significative par rapport au parcours précédent » des comptes publics italiens et des recommandations européennes.

Giovanni Tria avait également présenté jeudi à la Commission européenne un objectif de 1,5% de croissance pour le pays en 2019 et de 1,6% et 1,4% pour les années suivantes, grâce notamment à une moindre pression fiscale sur les petites et moyennes entreprises.

Le projet de budget italien prévoit des mesures coûteuses, notamment une baisse des impôts, l'abaissement de l'âge de la retraite à 62 ans sous conditions, ou encore l'instauration d'un revenu de citoyenneté de 780 euros pour près de 6,5 millions d'italiens.

Sandrine Serais avec AFP