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Croissance: "l'Europe ne peut crier victoire" selon Bruxelles

Les prévisions de Bruxelles n'incite pas à l'optimisme.

Les prévisions de Bruxelles n'incite pas à l'optimisme. - -

La Commission européenne qui a publié, ce mardi 5 novembre, ses prévisions économiques d'automne pour l'Union européenne reste inquiète de la croissance. Elle a abaissé ses prévisions pour l'Espagne et l'Italie.

L'Union européenne a beau connaître une reprise, celle-ci reste bien modeste. En présentant les prévisions économiques d'automne de la Commission européenne, ce mardi 5 novembre, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, ne l'a pas caché.

"Nous voyons des signes clairs de redressement économique. Mais la croissance ne remonte que graduellement (…) c'est pourquoi nous ne pouvons crier victoire", a-t-il déclaré à la fin de sa conférence.

Cette prudence se retrouve clairement dans les données chiffrées. Ainsi, la zone euro serait en récession cette année, avec une baisse du PIB de 0,4%, avant de se reprendre en 2013 avec une croissance de 1,1%.

Par rapport à ses précédentes estimations de mai dernier, la Commission européenne n'a pas changé son braquet. Elle a même révisé à la baisse sa prévision pour 2014.

L'Allemagne et le Royaume-Uni en tête...

Dans le détail, la Commission fait preuve d'optimisme pour deux pays: l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Pour Berlin, Bruxelles a révisé ses prévisions à la fois pour 2013 et 2014, tablant sur respectivement 0,5% et 1,7% de croissance. En outre, le chômage diminuera progressivement pour atteindre 5,1% de la population active en 2015.

Pour Londres, l'écart avec les précédentes estimations de Bruxelles est impressionnant. La Commission retient des chiffres de 1,3% en 2013 et 2,2% en 2014. Auparavant, elle prévoyait une croissance de 0,6% pour cette année et de 1,7% l'année prochaine. En conséquence, le Royaume-Uni va réduire son déficit plus vite que ne l'anticipait jusque-là Bruxelles.

... et les pays du Sud derrière

Mais l'horizon est beaucoup moins clair pour les pays du Sud de l'Europe. La Commission européenne a ainsi revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l'Italie et l'Espagne qui feront toutes les deux moins bien que prévu en 2013.

En outre, elle ne voit pas vraiment d'amélioration sur le front de l'emploi pour ces deux pays. Le chômage restera ainsi au-dessus des 12% en Italie jusqu'en 2015 et il continuera de dépasser le quart de la population active en Espagne.

On peut toutefois voir dans les prévisions de Bruxelles un message d'espoir adressé à la Grèce. Si l'on en croit les projections de la Commission, Athènes va connaître une croissance impressionnante de 2,9% en 2015 et son chômage va décroître, passant de 27% en 2013 à 24% en 2014.

Julien Marion