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Corse : derrière la violence, l'économie souffre aussi

Manuel Valls et Christiane Taubira se sont déplacés à Ajaccio pour annoncer une série de mesures.

Manuel Valls et Christiane Taubira se sont déplacés à Ajaccio pour annoncer une série de mesures. - -

Les règlements de compte qui ont endeuillé l’île ces dernières semaines mettent en lumière l’emprise mafieuse sur l’ile. Mais son économie fait toujours figure de parent pauvre au regard des autres départements français.

Face à la montée de violence qui frappe la Corse, 17 assassinats ont été perpétrés depuis le début de l’année, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, et la garde des Sceaux, Christiane Taubira, ont été dépêchés en urgence sur place. Ils ont annoncé le déploiement de moyens supplémentaires pour endiguer les dérives mafieuses qui paralysent l'île.

Pour lutter contre l’économie souterraine, quatre nouveaux enquêteurs vont venir renforcer le Groupe d’intervention régional. Le ministre de l’Intérieur a annoncé que " l’immobilier, le BTP, la sécurité privée et le sport, mais aussi le tourisme, la nuit et les jeux" sont les secteurs qui vont faire l’objet d’une surveillance approfondie.

Cette déclaration résume à elle seule les spécificités du tissu économique de la Corse. L’île est, en effet, la région la moins industrialisée de France, dépourvue d'industrie lourde ou automobile. Le secteur du BTP y est surreprésenté, notamment grâce au soutien des commandes publiques pour la réalisation d’un réseau de voies de communication.

La production industrielle corse est essentiellement orientée vers la consommation locale. Le tertiaire marchand est ainsi un pilier de l’économie insulaire : en 2010, sur les 103 700 salariés que compte l’ile, 59 % d’entre eux travaillent dans ce secteur, selon l’Insee. 95% des entreprises comptent moins de 10 salariés.

Autre handicap : le nombre de diplômés est particulièrement bas : en 2009, encore 32 % des résidents de Corse n'ont aucun diplôme, alors qu'ils ne sont que 29 % au niveau national. En revanche, le chômage, s'il progresse dans l'île, reste inférieur à de celui du continent avec 9,7% de la popultaion active.

Revenus inférieurs à la moyenne

Au final, le revenu brut annuel des ménages insulaires se classe parmi les plus bas de France : 17 844 euros par habitant en 2009, soit 1 000 euros de moins que la moyenne nationale en Province. C’est notamment la conséquence du fort taux d’emploi saisonniers.

Enfin, dernière caractéristique, la Corse demeure très aidée. Elle bénéficie depuis longtemps de subventions, notamment européennes. Entre 2007 et 2013, l’Union européenne a alloué 284 millions d’euros afin de développer l’emploi et soutenir les entreprises innovantes.

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