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Coronavirus: quelle sera l'ampleur de la récession en France, en Europe et dans le monde?

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L'agence de notation S&P a évalué la contraction de l'activité attendue dans les grandes économies européennes tandis que l'OMC évoque une crise qui sera plus violente que celle de 2008-2009.

C'est une certitude, le monde entrera en récession à la suite du confinement de l'économie qui doit permettre d'endiguer la pandémie du coronavirus. Si la BCE (Banque centrale européenne) indique que "l’activité économique dans la zone euro va se contracter considérablement" sans encore donner de prévisions, les agences de notation S&P et Moody's donnent des chiffres.

Pour la première, l'activité de la zone euro se contractera en moyenne de 2% cette année. "Ce qui représente une perte de 420 milliards d'euros en 2020 par rapport à nos prévisions précédentes de novembre", a précisé S&P.

De -1,4 à -1,7% en France

Dans le détail, les disparités entre les pays seront importantes. S&P s'attend à une chute de la croissance de 2,6% pour l'Italie, le pays le plus touché par l'épidémie, et de 2,1% pour l'Espagne, le second à subir le plus de victimes.

Le PIB de l'Allemagne et celui du Royaume-Uni devraient reculer de 1,9%. Bonne nouvelle (pour le moment), la France ne subirait qu'une baisse de 1,7% du PIB cette année. La dernière estimation du gouvernement fait état d'une récession de 1% mais Bercy estime désormais qu'il faut s'attendre à pire.

Si l'agence de notation s'attend à un "rebond graduel de 3%" en 2021 pour la zone euro et le Royaume-Uni, elle prévient que la reprise nécessitera "des réponses rapides et courageuses pour éviter de nouvelles pertes de PIB".

Pour Moody's, les économies du groupe des vingt pays les plus industrialisés (G20) devraient être dans l'ensemble en récession cette année, dont -1,4% pour la France, -2% pour les Etats-Unis. La Chine devrait croître en 2020 de 3,3%, un rythme très faible pour ce pays. 

Goldman Sachs estime de son côté que la croissance des Etats-Unis baisserait de -3,8%, Deutsche Bank évoque la pire contraction pour l'économie américaine depuis "au moins la deuxième guerre mondiale".

Une crise plus violente que celle des subprimes

S&P prévient que l'impact de la crise pourrait être plus fort si "la pandémie se prolonge et s'étend plus" qu'elle ne l'envisage pour l'instant. "Nous estimons qu'une mise à l'arrêt de l'économie de la zone euro pendant 4 mois pourrait faire chuter le PIB jusqu'à -10% cette année".

De son côté, l'OMC (Organisation mondiale du commerce) considère cette crise comme plus violente que celle de 2008. Dans un message vidéo enregistré depuis son domicile et publié sur le site de l'OMC, Roberto Azevedo, directeur général de l'organisation, a déclaré que "cette pandémie aura inévitablement un impact énorme sur l'économie".

Les projections récentes, a-t-il poursuivi, donnent "un ralentissement économique et des pertes d'emploi qui sont pires que lors de la crise financière mondiale il y a une dizaine d'années".

Si des prévisions concrètes ne sont pas encore disponibles, a précisé Azevedo, les économistes de l'OMC s'attendent à un "important déclin" du commerce.

Olivier Chicheportiche avec AFP