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Coronavirus: la France propose de lancer un nouveau fonds européen pour financer la crise

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Pour répondre à la crise économique consécutive à la pandémie, Bruno Le Maire a annoncé mercredi dans le Financial Times vouloir lancer un nouveau fonds de sauvetage européen pour une durée de cinq ou dix ans.

Quelle réponse apporter sur le long terme à la crise économique? Dans les colonnes du Financial Times ce mercredi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a expliqué que la France réfléchissait "à un fonds qui serait limité dans le temps avec une possibilité d'endettement comme réponse de long terme à la crise".

Selon lui, l'une des options consisterait à avoir "un fonds pour disons cinq ou dix ans - limité dans le temps - avec la possibilité d'avoir de la dette commune mais seulement dans le cadre de ce fonds. Ce pourrait être plus acceptable pour d'autres pays", a-t-il ajouté. Ses propos ont, dans la foulée, été confirmés par Bercy.

Alternative aux coronabonds?

La semaine dernière, neuf pays européens, dont la France et l'Italie, avaient appelé à lancer un emprunt commun à toute l'Union européenne pour faire face au coronavirus, "les coronabonds". Cette proposition a mis une pression sur l'Allemagne, qui refuse toute mutualisation des dettes dans la zone euro, mais s'est déclarée "prête" à "faire jouer la solidarité européenne".

Bruno Le Maire a précisé que "s'il était difficile pour de nombreux Etats membres d'envisager de faire un emprunt commun" dans le cadre du budget pluriannuel de l'UE, il fallait le faire en dehors de ce cadre et pour une période limitée dans le temps.

"Compléter" le budget de l'UE

Selon un responsable français cité par le quotidien, le fonds proposé par la France pourrait "compléter" le budget de l'UE et serait géré comme lui par la Commission européenne et non par le Mécanisme européen de stabilité (MES). Ce dernier est doté d'une force de frappe de 410 milliards d'euros et peut fournir des prêts à taux bonifiés aux Etats dans le besoin. Lesquels ont cependant toujours été assortis de conditions précises, comme celle d'entreprendre des réformes du marché du travail, ou d'objectifs budgétaires. La Commission ayant la réputation d'être plus souple, elle ne devrait pas lier ses prêts à ce genre de conditions.

L'Italie est non seulement le pays qui affiche le plus de décès au monde dus au Covid-19 mais c'est aussi le deuxième plus endetté (130% du PIB) de la zone euro, derrière la Grèce. 

JCH avec AFP