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Copé contre la fin totale de la publicité sur France Télévisions

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, se prononce contre la suppression de la publicité sur France Télévisions avant 20h00, qui doit officiellement entrer en vigueur en 2011. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, se prononce contre la suppression de la publicité sur France Télévisions avant 20h00, qui doit officiellement entrer en vigueur en 2011. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard - -

PARIS - Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, se prononce contre la suppression de la publicité sur France...

PARIS (Reuters) - Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, se prononce contre la suppression de la publicité sur France Télévisions avant 20h00, qui doit officiellement entrer en vigueur en 2011.

Si la majorité décidait de le suivre, la privatisation de la régie publicitaire du groupe public, décriée par les syndicats et l'opposition, serait entièrement remise en cause.

La commission des Affaires culturelles de l'Assemblée consacre mercredi une table-ronde intitulée "Télé et publicité".

Le député UMP Christian Kert devrait y présenter un projet de loi revenant sur la suppression de la publicité entre 6h00 et 20h00, programmée dans la loi de mars 2009.

Jean-François Copé, qui enfonce un coin dans la réforme de l'audiovisuel public voulue par Nicolas Sarkozy, dit ne pas croire que "la suppression de la publicité avant 20 heures soit nécessaire".

"L'intérêt par rapport au coût est trop faible. Je ne suis pas sûr que les téléspectateurs y seraient aussi sensibles", explique-t-il dans un entretien publié par le site internet du magazine Le Point.

De plus, "il faudrait prévoir une compensation supplémentaire de 200 millions d'euros. Je ne vois pas comment l'État peut assumer une telle charge compte tenu de ce que sont ses finances", ajoute le chef des députés UMP.

LA PRIVATISATION ABANDONNÉE?

Pour le Parti socialiste, "l'UMP abjure".

"Après la taxe carbone jetée par-dessus bord au lendemain des régionales", ironise le député Didier Mathus dans un communiqué, la majorité "s'apprête à entendre la voix de la raison" sur France Télévisions.

Lors des travaux de la commission Copé sur l'audiovisuel public, "Jean-François Copé avait traité les membres socialistes de la commission de 'peureux et conservateurs', alors que ceux-ci remettaient fortement en cause la disparition de la publicité des écrans avant 20 heures à partir de 2011", observe de son côté le député Michel Françaix.

La coentreprise Lov-Publicis, portée par le producteur Stéphane Courbit et le publicitaire Maurice Lévy, président du directoire de Publicis, est en négociations exclusives pour racheter 70% de France Télévisions Publicité.

La perspective de cette vente a provoqué une polémique, en raison de potentiels conflits d'intérêt.

Dans le Journal du Dimanche, le P-DG de France Télévisions, Patrick de Carolis, a estimé que si la publicité était maintenue, la vente de la régie publicitaire du groupe "ne se justifierait plus".

"Contacté par lepoint.fr, le P-DG de France Télévisions affirme que sa position restera 'conforme aux propos tenus dans le JDD'. En conséquence, il proposera à son conseil d'administration, le 13 avril, de stopper la négociation avec le consortium Lov-Publicis", peut-on lire sur le site du magazine.

Pour Jean-François Copé, "c'est à l'entreprise France Télévisions d'opérer ses choix stratégiques" mais "il est évident que si la publicité devait être maintenue en journée, il ne serait pas possible d'envisager la cession de la régie dans les mêmes conditions".

Les repreneurs se sont engagés jusqu'au 30 juin à racheter la régie de France Télévisions si le processus va à son terme.

Sur les 70% du capital de France Télévisions Publicité mis en vente, 15% seront rachetés par les salariés, le solde revenant à l'attelage Lov Group/Publicis.

La semaine dernière, Maurice Lévy a réfuté les accusations de "mélange des genres" et dit ne pas "miser" sur un maintien de la publicité sur France Télévisions de 6h00 à 20h00.

Cette hypothèse a suscité un débat sur le prix de vente, estimé à quelque 20 millions d'euros, de la participation majoritaire dans France Télévisions Publicité à Lov Group et Publicis.

Laure Bretton, avec la contribution de Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot