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Complimenté par le FMI, Le Maire s'attaque au chantier de la dette

La directrice générale du FMI a salué ce jeudi la politique économique de la France. Présent à ses côtés, le ministre de l'Économie a précisé que s'il devait y avoir des "recettes fiscales supplémentaires liées à la croissance, elles iront en priorité au désendettement de la France".

Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé ce jeudi de nouvelles mesures dès cette année pour réduire l'endettement de la France et a écarté toute "cagnotte" au cas où les recettes seraient plus élevées que prévu.

"Nous devons réduire notre dette parce que cela nous expose à une remontée des taux d'intérêts et que c'est de l'argent dilapidé", a affirmé Bruno Le Maire lors d'une conférence à Bercy. "Nous prendrons dès 2018 un certain nombre de mesures pour aller dans cette direction", a-t-il ajouté.

Deux anciens ministres de Sarkozy

"Dans les mois qui viennent, s'il y a des recettes fiscales supplémentaires liées à la croissance, elles iront en priorité au désendettement de la France", a-t-il précisé. Mais "cela peut aller au-delà des rentrées fiscales", a-t-il ajouté. "Nous savons que l'augmentation des taux d'intérêt pèsera sur les charges de la dette française", a-t-il expliqué, précisant qu'une hausse de 1% des taux représentait "3 milliards d'euros jetés par la fenêtre".

À ses côtés, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Tous deux se connaissent bien: ils ont officié dans le même gouvernement sous la présidence Sarkozy. L'actuelle dirigeante du Fonds monétaire international était alors dans la position de Bruno Le Maire à Bercy, et ce dernier détenait le portefeuille de l'Agriculture.

Lors de leur conférence commune ce jeudi, Christine Lagarde a salué les réformes engagées par le gouvernement français. "Il faut reconnaître haut et fort la qualité et l'ambition des réformes qui ont été engagées", a affirmé la directrice générale du FMI.

Christine Lagarde applaudit "des deux mains"

"Un sujet qui nous préoccupe notamment dans la zone euro, c'est une baisse durable de la productivité, mais quand j'entends Bruno Le Maire parler du fonds consacré à l'innovation de rupture, moi j'applaudis des deux mains", a-t-elle affirmé lors d'une réunion dont le thème était "Transformer l'économie française". 

Le gouvernement a annoncé à la mi-janvier avoir engagé 10 milliards d'euros pour son "fonds pour l'innovation", alimenté par des cessions d'actifs publics. "Les investissements dans l'innovation, la fiscalité destinée à soutenir l'innovation et notamment l'innovation de rupture ou la recherche fondamentale sont extrêmement utiles", a-t-elle soutenu.

La création de ce fonds, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, doit servir à financer des "innovations de rupture", notamment dans le secteur de l'industrie.

N.G. avec AFP