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Commission européenne: comment Moscovici va asseoir son pouvoir

Pierre Moscovici n'aura pas tout à fait les mains libres sur son portefeuille.

Pierre Moscovici n'aura pas tout à fait les mains libres sur son portefeuille. - Alain Jocard - AFP

Pierre Moscovici, nommé Commissaire européen aux Affaires économiques, sera sous tutelle de deux vice-présidents de la Commission, selon sa lettre de mission. Mais il sera néanmoins le chef de sa maison.

Les équipes de Jean-Claude Juncker sont dans les starting blocks. Le nouveau président de la Commission européenne a distribué un portefeuille à chacun de ses commissaires, ce 10 septembre. Un Français pour faire respecter les règles budgétaires, mais aussi un Britannique pour réguler les banques, un Grec pour repenser l'immigration, un Hongrois pour veiller à la citoyenneté. Une démarche à contresens, osée pour certains, absurde pour d'autres.

Un Français pour contrôler la France

Le raisonnement de Jean-Claude Juncker, c'est que, finalement, il n'y aura pas mieux qu'un ex-ministre français des Finances pour porter le fer dans la plaie budgétaire française. A peine désigné aux Affaires économiques et monétaires ce mercredi, Pierre Moscovici a déclaré "ma boussole, ce sont les règles". 

Le futur président de la Commission venait à peine de lui fournir une lettre de mission de sept pages dans laquelle il est dit que "le Commissaire doit rédiger dans les trois mois une feuille de route concrète afin de tirer partie de toutes les flexibilités du pacte de stabilité".

Cette feuille de route sera à bâtir avec le vice-président à la croissance, le Finlandais Jyrki Katainen. Il doit mener un programme "fort de réformes structurelles". Et pour ce sujet, c'est le vice-président à l'euro, le Letton Valdis Dombrovski qui sera son interlocuteur.

Interlocuteur n°1 des fonctionnaires de sa direction générale

Ces deux vice-présidents, anciens Premiers ministres, sont les partisans d'une stricte orthodoxie budgétaire. Ces deux coordinateurs, et non "superviseurs" assure le président, auront accès à toutes les directions générales. Ce qui signifie que le commissaire à l'Economie ne pourra pas verrouiller son administration.

Pour autant, quelles que soient les positions de principe de Jean-Claude Juncker, au quotidien, l'interlocuteur n°1 des fonctionnaires de cette très puissante direction générale de l'économie et des finances, ce sera leur commissaire, et non tel ou tel vice-président aux compétences transversales.

Afin d'asseoir son autorité, Pierre Moscovici pourrait même pouvoir tirer parti du chevauchement des prérogatives des vice-présidents. De toute façon, dans sa représentation extérieure et face à l'eurogroupe, Bruxelles sera incarné par un responsable: le commissaire. Jean-Claude Juncker a pris soin de le préciser.

Benaouda Abdeddaïm