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Commerce: l'Union européenne promet d'être "intransigeante" avec le Royaume-Uni

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- - ERIC PIERMONT / AFP

Dans une interview aux Echos, le commissaire européen Thierry Breton a prévenu que l'accès au marché unique européen sera conditionné au respect des "normes environnementales, sociales et sanitaires."

L'Union européenne sera "intransigeante" avec le Royaume-Uni qui devra "pour accéder au marché unique européen (...) respecter toutes (ses) règles", a déclaré le commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique Thierry Breton, dans un entretien aux Echos.

"Nous ne souhaitions pas le Brexit mais nous respectons la décision du peuple britannique", a déclaré M. Breton dans cette interview publiée mardi soir sur le site du quotidien économique.

"En ce qui nous concerne, nous serons intransigeants: pour accéder au marché unique européen, les Britanniques devront respecter toutes nos règles, en particulier les normes environnementales, sociales et sanitaires, ainsi que le contrôle des aides d'Etat", a affirmé le commissaire européen.

Règles de l'OMC

Faute d'accord dans le délai de neuf mois fixé par le Premier ministre britannique Boris Johnson, "ce seront les règles de base de l'OMC qui s'appliqueront à la Grande-Bretagne", soit "un régime très défavorable pour elle qui réalise environ 45% de son commerce avec l'UE", a rappelé M. Breton.

Le commissaire européen a estimé par ailleurs qu'en matière de données numériques, "les cinq ans qui viennent s'annoncent critiques".

Il a expliqué que sa responsabilité était de "mettre en oeuvre les règles qui permettront à l'Europe de la donnée de se développer et de prospérer".

Le dossier épineux de la 5G

"L'Europe doit fixer ses propres critères d'exploitation et de stockage de futurs gisements massifs de données", a-t-il poursuivi. M. Breton a souligné que l'Europe avait "les compétences requises et un énorme potentiel" et détient "55% des brevets liés à la 5G".

Les Etats-Unis et la Chine "ont de l'avance" pour la génération actuelle de services basés sur les données personnelles, a noté Thierry Breton.

"Concentrons-nous sur la deuxième qui arrive, celle du B to B, et faisons-la avec un principe clair: les Européens doivent être propriétaires de leurs données et celles-ci doivent être traitées en Europe, selon nos règles et nos valeurs", a-t-il déclaré.

T.L avec AFP