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Combien coûte le Parlement européen de Strasbourg ?

Le siège strasbourgeois du Parlement européen générerait plus de 20 millions de revenus par an pour l'hôtellerie-restauration

Le siège strasbourgeois du Parlement européen générerait plus de 20 millions de revenus par an pour l'hôtellerie-restauration - -

François Hollande va prononcer, mardi 5 février, son premier discours devant le Parlement européen, à Strasbourg, et non à Bruxelles. Le coût spécifique du siège dans la capitale alsacienne donne toujours lieu à une guerre de chiffres.

François Hollande va tenir son premier grand discours devant le Parlement européen, mardi 5 février, à Strasbourg, où les eurodéputés siègent une fois par mois en session plénière.

Le président de la République a déjà affiché son soutien au siège strasbourgeois du Parlement. " Vous savez combien je suis attaché au siège du Parlement européen qui est à Strasbourg : c'est dans le traité ; et pour la France il n’est pas question de modifier le traité sur le siège du Parlement européen ", avait-il déclaré en novembre, lors d’un Conseil européen.

Reste que les pressions pour créer un siège unique à Bruxelles demeurent fortes. Car l'existence de deux sièges a bel et bien un coût. Mais le tout est de savoir lequel. En 2011, le rapport A tale of two cities (Le conte de deux villes) du député européen britannique, Edward McMillan, fait grand bruit, en avançant une estimation comprise entre 169 et 203 millions d’euros par an, ainsi qu’une empreinte carbone de 18 884 tonnes de Co2 liée aux différents déplacements.

Mais en février 2012, une étude de l’Association européenne des jeunes entrepreneurs (AEJE) vient remettre en cause ces chiffres. L’AEJE affirme que le vrai coût du siège strasbourgeois tourne davantage autour de 50 millions d’euros par an, s’appuyant sur un rapport du secrétariat général du Parlement européen de 2011.

Un coût de 51,5 millions d'euros pour le siège strasbourgeois

Ce dernier document confirme effectivement ces estimations : "le coût annuels des infrastructures strasbourgeoises s’élève à 33,5 millions d’euros [en 2010, ndlr]", écrit le secrétariat général, avant d’ajouter que "les coûts supplémentaires opérationnels pour 12 sessions à Strasbourg, par rapport à Bruxelles, sont de 18 millions d’euros, soit un total de coûts spécifiques de Strasbourg de 51,5 millions d’euros". Dans le détail (voir chiffres) cette différence s’explique essentiellement par des frais de missions. Quant à l’empreinte carbone, elle s’élève à 1533 tonnes de Co2.

Par ailleurs, ces estimations ne tiennent pas compte des retombées économiques du Parlement pour la région strasbourgeoise. La communauté urbaine de Strasbourg (CUS), la structure intercommunale de l'agglomération strasbourgeoise, nous explique que cet impact "est extrêmement difficile à chiffrer", car "il est compliqué d’isoler les revenus induits par le seul Parlement européen", alors que la ville de Strasbourg compte de nombreuses autres institutions européennes (Conseil de l’Europe, Cour européenne des droits de l’Homme).

Toutefois, une étude de janvier 2011 du cabinet EPR, estimait à 20,1 millions d’euros le chiffre d’affaires généré chaque année par les sessions parlementaires dans la région strasbourgeoise. Une somme qui profite "quasi-exclusivement", selon le cabinet, au secteur de l’hôtellerie-restauration, qui , du coup, est relativement dépendant de l’activité du Parlement européen.

Le site Euractiv.fr rapporte ainsi, qu’en 2008, l’annulation de deux sessions à Strasbourg avait engendré une perte de presque 20% du chiffre mensuel par établissement hôtelier.

Julien Marion