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Chômage, nationalisation: l’ambitieux programme de Montebourg

Arnaud Montebourg veut notamment réduire le taux de chômage à 6,1%.

Arnaud Montebourg veut notamment réduire le taux de chômage à 6,1%. - Philippe Desmazes - AFP

L'ancien ministre de l'Économie a présenté ce mercredi un programme résolument ancré à gauche, et comportant des objectifs très élevés.

"Cette candidature est la candidature de la transformation concrète du système économique financier politique et européen", a affirmé Arnaud Montebourg en présentant le chiffrage de son programme ce mercredi.

Le candidat à la primaire socialiste propose notamment d'instaurer une taxe exceptionnelle sur les profits des banques françaises, qui devrait rapporter cinq milliards d'euros par an. "Une contribution très modérée par rapport à ce qu'elles nous ont coûté dans la crise", a-t-il estimé.

En outre, l’ancien ministre de l’Économie veut nationaliser temporairement ou partiellement l’une des cinq grandes banques françaises, et encadrer les salaires des patrons des grandes entreprises cotées qui devront augmenter leurs salariés dans les mêmes proportions s'ils décident de s'augmenter eux-mêmes.

Objectif: un taux de chômage à 6,1%

Le programme du candidat de "la fin de l'austérité" propose également un reformatage du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), lancé sous le quinquennat de François Hollande pour baisser les charges des entreprises, ce qui occasionnera une économie de 10 milliards par an.

Sa proposition de rétablir un service national, civil et militaire obligatoire de six mois pour les jeunes, hommes et femmes, est quant à elle évaluée à trois milliards d'euros. Tandis que le passage à 2% du PIB du budget de la Défense coûtera 4,4 milliards d'euros.

Pour chiffrer son programme, Arnaud Montebourg s'est fondé sur un taux de croissance moyen pour la période 2017-2022 de 1,9%, avec comme objectif un taux de chômage de 6,1% en 2022, contre près de 10% aujourd'hui.

Pas de revenu universel

La "baisse massive de la Contribution sociale généralisée (CSG) sur les petits salaires", jusqu'à 2.072 euros nets par mois, permettra selon lui aux salariés modestes d'avoir l'équivalent d'un 13ème mois.

Sur les 10 milliards repris au CICE - qui sera préservé pour les seules petites et moyennes entreprises -, huit milliards iront ainsi à la baisse de la CSG et deux milliards à la réforme du Revenu de solidarité et d'insertion (RSI).

Hostile à la création d'un revenu universel voulu par d'autres candidats à la primaire, l'ancien ministre de l'Économie propose des programmes d'activité et de formation à destination notamment des chômeurs de longue durée.

Il entend créer une mutuelle publique à 10 euros par mois financée par la Sécurité sociale, pour les personnes qui n'accèdent pas à la couverture complémentaire. Une proposition financée par des économies sur la Sécurité sociale, de même que celle visant à lutter contre les déserts médicaux.

Y.D. avec agences