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Ces patrons qui ne croient plus en Sarkozy

Nicolas Sarkozy tentera de briguer un nouveau mandat présidentiel, s'il est élu lors de la primaire à droite.

Nicolas Sarkozy tentera de briguer un nouveau mandat présidentiel, s'il est élu lors de la primaire à droite. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

L’ancien président de la République peine à convaincre de nouveau les chefs d’entreprises. La faute à un quinquennat qui a produit son lot de déçus, mais pas seulement.

Le divorce est-il consommé? Une chose est sûre: l’image de Nicolas Sarkozy s’est sérieusement dégradée au sein du patronat, qui l’avait majoritairement soutenu lors de sa campagne victorieuse de 2007.

La déception a en effet été à la hauteur des espoirs qu'ils avaient placé en lui. "Beaucoup de réformes annoncées n’ont pas été faites, ou à moitié, comme celle des retraites" relève ainsi un membre du Medef. Et de regretter aussi la gestion des dépenses publiques durant le quinquennat: "Les autres pays européens ont certes augmenté leurs dépenses pour faire face à la crise mais les ont diminuées après 2008. Ça n’a pas été le cas en France".

Augmentation de la pression fiscale

Même son de cloche du côté de la CGPME. "Il y a effectivement beaucoup de gens déçus par le quinquennat de Nicolas Sarkozy", indique l'un des responsables de l'organisation patronale, rappelant que "les patrons n’ont pas oublié qu’il avait sa part de responsabilité dans l’augmentation de la pression fiscale".

Du côté des petites entreprises, on garde aussi en travers de la gorge certaines promesses non tenues. "Emmanuel Macron et François Hollande ont fait plus pour l’entrepreneuriat que Nicolas Sarkozy, plutôt spécialiste des effets d’annonce", lâche un jeune dirigeant. Et même si la création du statut d’auto-entrepreneur est unanimement reconnue comme une avancée, les critiques de l’ancien chef de l’Etat en mars dernier, qualifiant ce régime de "caillou dans sa chaussure" ont irrité les principaux concernés. "C’est assez révélateur de sa politique", peste d’ailleurs l’un d’entre eux.

"Il déroule son discours, mais il ne nous écoute pas"

Là se situe peut-être le plus gros obstacle de l'ex-chef de l'Etat: pour beaucoup, Nicolas Sarkozy n’a pas vraiment changé. Après l'avoir rencontré, plusieurs dirigeants d’entreprises ont récemment confié à BFM Business que celui-ci leur fait "très mauvaise impression". "Il arrive, il déroule son discours, mais il ne nous écoute pas", regrettent-ils en chœur.

En outre, sa position en tant que président des Républicains inspire un certain scepticisme au sein du patronat. "Je n’ai pas compris pourquoi la droite n’a pas voté en faveur de la loi Macron", regrette Benjamin Suchar, fondateur de la start-up Yoopies et cofondateur du mouvement des Moineaux. "Beaucoup de patrons ont regretté la posture des Républicains lors de ce vote", abonde un proche du Président du Medef. "Il faut être pragmatique et, quand une mesure va dans la bonne direction, ne pas hésiter à la soutenir".

Hollande marque des points mais...

Pour autant, les dirigeants d’entreprises ne semblent pas encore enclins à soutenir corps et âme le gouvernement actuel. "Il faudra faire le bilan du quinquennat, notamment si la réforme du droit du travail va à son terme", indique-t-on du côté du Medef. "Mais si François Hollande remet un coup de barre à gauche en mode 'j’aime pas les riches', ce sera compliqué". D’autant que "l’on a quand même été matraqué fiscalement ces dernières années", peste un cadre de la CGPME.

Qui, alors, pourrait séduire le patronat? Étonnamment, le nom qui revient le plus souvent parmi les personnes interrogées est celui de... François Fillon. De l’avis de beaucoup, l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy propose le programme économique le plus réaliste et le plus en accord avec les souhaits des dirigeants d’entreprises.

Malgré tout, et quels que soient les candidats à l’élection présidentielle, il sera difficile de réconcilier le monde de l’entreprise avec la politique. Car "d’une manière générale, les patrons ne croient plus aux promesses, à l’image des Français", soupire-t-on au Medef. Et c’est peut-être bien là, pour Nicolas Sarkozy, le plus gros problème.

Contactée, l'équipe de Nicolas Sarkozy n'a pas répondu à nos sollicitations.