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Budget européen: Londres refuse de payer

Bruxelles réclame 2 milliards d'euros à Londres et pourrait reverser 1 milliard à Paris

Bruxelles réclame 2 milliards d'euros à Londres et pourrait reverser 1 milliard à Paris - Georges Gobet - AFP

La Commission européenne a réévalué les contributions des pays membres au Budget européen pour 2014. Bruxelles pourrait ainsi demander une rallonge de 2,1 milliards d'euros au Royaume-Uni. David Cameron a déjà annoncé que Londres ne paiera pas.

Une annonce qui a fait grincer les dents des Britanniques. Ce vendredi 24 octobre, la Commission européenne a révisé les calculs des contributions nationales de chaque pays au budget de l'Union européenne pour 2014.

Résultat: Bruxelles prévoit de demander une rallonge à Londres allant jusqu'à 2,1 milliards d'euros, dans le cadre d'un budget rectificatif.

Immédiatement, David Cameron a réagi. "Je ne paiera pas cette addition le 1er décembre". Il a exprimé sa "colère".

Les services du Premier ministre avaient déjà annoncé dans la matinée que cette demande n'était "pas acceptable". "La Commission européenne n'attendait pas cet argent, et n'en n'a pas besoin, et nous allons travailler avec d'autres pays" pour contrer cela, ont-ils ajouté. 

Sans surprise, Nigel Farage, le leader de l'UKIP, un parti britannique europhobe, a quant à lui comparé l'Union européenne à "un vampire assoiffé qui se repaît du sang du contribuable britannique".

La faute à la croissance

En cause, donc, la réévaluation des contributions des Etats membres au Budget européen. Patrizio Fiorilli, un porte-parole de la Commission, a précisé qu'elle "découle mathématiquement d'un changement des paramètres du calcul du PIB" décidé par les 28, et "de l'évolution macro-économique de chaque pays".

"L'économie britannique croît beaucoup plus vite que les autres, la logique est celle des impôts: si quelqu'un gagne plus, il paie plus d'impôts", a-t-il souligné.

La croissance britannique est attendue à 2,5% pour cette année, selon les prévisions de la Commission européenne, soit 1% de plus que la moyenne de l'Union européenne.

La France et l'Allemagne récupéreraient de l'argent 

A l'inverse, la France, qui ne voit pas la croissance se profiler, pourrait récupérer environ 1 milliard d'euros. L'Allemagne, elle, récupérerait 780 millions d'euros. Les Pays-Bas devraient en revanche remettre au pot plus de 300 millions d'euros.

Cette répartition n'est pas encore totalement tranchée. Une conciliation budgétaire entre la Commission, le Parlement européen et le Conseil européen, qui représente les Etats, doit encore avoir lieu. La Grande-Bretagne ne dispose pas de droit de veto au Conseil, où le budget se décide à la majorité simple.

Julien Marion avec AFP