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Brexit : union douanière or not union douanière ?

Camions à l'entrée du Tunnel sous la Manche. Si le Royaume-Uni reste dans l'union douanière, leurs marchandises continueront à ne pas être taxées.

Camions à l'entrée du Tunnel sous la Manche. Si le Royaume-Uni reste dans l'union douanière, leurs marchandises continueront à ne pas être taxées. - DENIS CHARLET / AFP

Les discussions se poursuivent au Royaume-Uni entre Theresa May et le leader de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn pour trouver un compromis. Alors que la Première ministre avait promis de sortir le pays de l’union douanière, le Labour propose, lui de l’y maintenir.

Choisir de rester dans l'union douanière, c’est continuer de bénéficier de l’absence de droits de douane pour les produits exportés vers l’Union européenne et pour l’inverse, les marchandises importées de l’UE. Ce serait donc l'assurance de la continuité d'échanges commerciaux fluides.

Opposition des Brexiters

Le revers de la médaille : impossible d'aller négocier des accords commerciaux en solo avec le reste du monde. Or, une politique commerciale autonome était l'une des promesses des Brexiters, qui crient à la trahison. « Loin de reprendre le contrôle [sur le commerce], cela nous conduirait à céder celui dont nous disposons déjà. (…) au moment où l’UE opte pour une ligne davantage protectionniste », alertait ces derniers jours le secrétaire d’Etat à l’intérieur Sajid Javid.

L’un des gros avantages de l’union douanière, c’est d’éviter le retour d'une frontière physique entre l’Irlande du Nord, province britannique qui sort de l’Union européenne et la République d’Irlande, qui reste, elle, membre de l’UE. Fini le casse-tête du « backstop », le controversé dispositif qui a empêché jusque-là l'adoption de l'accord de Theresa May.

Marché unique

Mais attention, il ne faut pas confondre le maintien dans l'union douanière avec le maintien dans le marché unique et son corollaire : le respect des quatre libertés de circulation : biens, capitaux, services et personnes.

L’Islande, la Norvège et le Lichtenstein par exemple, restent membres de l’Espace économique européen, conservent un accès au marché intérieur et respectent donc les quatre libertés, mais ont choisi de ne pas être dans l’union douanière pour avoir une politique commerciale indépendante.

Mettre un terme à la liberté de circulation pour reprendre le contrôle de ses frontières est l'une des lignes rouges de Theresa May. Et celle-là, la Première ministre compte bien ne pas la transgresser. Le leader travailliste serait d’ailleurs sur la même longueur d’onde, à en croire son porte-parole qui promet que « la libre circulation des personnes prendra fin quand le Royaume-Uni sortira de l’UE ».