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Avec le confinement, les ventes dans les commerces de détail ont chuté de 24% en mars

La baisse est particulièrement forte pour les produits industriels, souligne sur BFM Business François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France.

On savait que le début du confinement et la fermeture de certains magasins durant les deux dernières semaines de mars avait pesé sur le commerce. Ce mercredi, la Banque de France détaille l'ampleur de la chute observée en mars par rapport au mois précédent.

Selon des données encore provisoires, le recul tous commerces confondus atteint 24% en mars, avec des écarts importants selon le type de produits vendus. -43,4% pour les produits industriels contre -0,9% pour les produits alimentaires, dont une partie de la consommation s'est reportée de la restauration vers les particuliers.

"Rouvrir des commerces non alimentaires"

"L'économie française perd un tiers de son activité par rapport à la normale", commente François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, qui était invité ce mercredi sur BFM Business. Mais "il y a une grande différence entre le commerce de produits alimentaires qui est à peu près inchangé, et le commerce de produits industriels à -43%. Ceci montre l'importance, dès que ça sera possible, de rouvrir des commerces non alimentaires pour l'activité".

Sur trois mois, de janvier à fin mars, et par rapport aux trois mois précédents, "les ventes du commerce de détail chutent de 7,2%, tirées à la baisse par les produits industriels (-14,6%), notamment dans les secteurs de l'optique (-27,2%), de l'automobile neuve (-20,7%) et des meubles (-20,6%)", précise le communiqué de la Banque de France, qui ne fournit pas de détail sectoriel pour le seul mois de mars.

-7% à -8% de croissance

"Les Français consomment moins, on estime à peu près à un tiers en moins", ce recul, ajoute le gouverneur. "Si je traduis ça en chiffre de croissance, c'est l'estimation qu'a fait la Banque de France, chaque quinzaine de confinement nous coûte à peu près 1,5% de PIB annuel et presque autant en déficit supplémentaire. Ceci donne sur 8 semaines de confinement (...) une baisse du PIB pour la France d'environ 7 à 8% sur l'année. C'est en tous cas les prévisions du FMI et du gouvernement même s'il y a encore beaucoup d'incertitudes".

Le document indique aussi que pour le premier trimestre 2020, "la pharmacie fait exception" et enregistre une hausse (+2,7%), ainsi que les produits alimentaires qui progressent de 3,2% par rapport au quatrième trimestre 2019.

Par circuit de distribution, les ventes trimestrielles du petit commerce baissent (-9,6%) et celles de la grande distribution augmentent (+1,7%). Enfin, "la croissance des ventes dans les supermarchés (+7,4%) et hypermarchés (+1,7%) compense la baisse importante observée dans les grands magasins (-19,3%)". Cette chute correspond au début du confinement et à la fermeture de certains magasins durant les deux dernières semaines du mois de mars, a rapporté mercredi la Banque de France.

Enfin, "la croissance des ventes dans les supermarchés (+7,4%) et hypermarchés (+1,7%) compense la baisse importante observée dans les grands magasins (-19,3%)".

Olivier Chicheportiche