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Avant de parler du budget 2016, il faut déjà boucler celui de 2015!

L'objectif de 3,8% de déficit public fin 2015 compromis?

L'objectif de 3,8% de déficit public fin 2015 compromis? - Jacques Demarthon-AFP

Bonne nouvelle pour les contribuables. Selon Bercy, ceux qui ont bénéficié de la baisse de l’impôt sur le revenu cette année sont plus nombreux que prévu. Mais pour l’Etat qui a du mal à boucler le budget 2015, ce sont aussi des rentrées fiscales en moins. Et ça tombe mal.

Comme aurait dit monsieur de la Palice, avant 2016 il y a 2015! Non content de devoir finaliser le budget de l’an prochain qui sera présenté le 30 septembre, le gouvernement doit désormais se battre sur un second front : comment déjà boucler celui de cette année?

4 milliards de dépenses en plus

Côté dépenses, les annonces nouvelles se sont accumulées depuis le début de l’année: plan de lutte contre le terrorisme, développement de la laïcité à l’école, augmentation des emplois aidés, disposition en faveur de l’investissement, et encore hier mesures en faveurs des agriculteurs dont on ne sait pas de combien elles pèseront sur 2015: au total, on atteint plus de 4 milliards de dépenses non prévues initialement.

Moins values fiscales

Mais du côté recettes, ce n’est pas la joie. La baisse de l’impôt sur le revenu ne devait réduire les rentrées fiscales que de 3,1 milliards. Mais si elle profite à 450.000 contribuables de plus que prévu, les moins values fiscales seront aussi plus élevées, sans doute de quelques centaines de millions Pour l’instant, Bercy ne communique pas sur le sujet.

Ce n’est pas tout. L’impôt sur les sociétés (IS) devrait également rapporter moins que prévu en raison d’une montée en puissance plus forte que prévu du CICE. Les rentrées de TVA ne sont pas non plus conformes à ce sur quoi tablait le gouvernement, à la fois parce que la consommation est très moyenne et l’inflation très faible.

Lâcher sur le déficit ? 

Résultat des courses: il pourrait manquer en fin d’année 1 milliard d’impôts dans les caisses de l’Etat alors qu’en face il y a 4 milliards de dépenses nouvelles à financer. 

Sauf à accepter de laisser filer un petit peu le déficit et ne pas tenir l’objectif de le ramener à 3,8% du PIB cette année, le gouvernement va devoir trouver de nouvelles économies en gelant des crédits. Il l’a déjà fait au printemps. On attend désormais les explications de Michel Sapin, le ministre des Finances.

P.C