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Aucun avion dans le nord de la France jusqu'à 20h00

Aucun avion ne décollera ou n'atterrira dans le nord de la France et à Lyon ce samedi "en tout cas jusqu'à 20h00" du fait du nuage de cendres volcaniques qui perturbe le transport aérien, a annoncé samedi le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bus

Aucun avion ne décollera ou n'atterrira dans le nord de la France et à Lyon ce samedi "en tout cas jusqu'à 20h00" du fait du nuage de cendres volcaniques qui perturbe le transport aérien, a annoncé samedi le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bus - -

PARIS - Aucun avion ne décollera ou n'atterrira dans le nord de la France et à Lyon ce samedi "en tout cas jusqu'à 20h00" du fait du nuage de...

PARIS (Reuters) - Le trafic aérien était encore très perturbé samedi en France, où 26 aéroports de la zone nord, dont les trois de la région parisienne, devaient rester fermés au moins jusqu'à 20h00 à cause du nuage de cendres volcaniques venu d'Islande.

En outre, les avions des aéroports de Grenoble et de Bordeaux-Mérignac devaient rester cloués au sol à partir de 16h00 a indiqué la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) dans son point de la matinée.

Contrairement à la veille, aucune fenêtre d'ouverture n'était prévue dans la journée.

"Pour toute la zone Nord de la France, à laquelle j'ajoute maintenant Lyon-Saint-Exupéry (...), il n'y aura pas d'avion, en tout cas jusqu'à 20h00", a dit le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau sur Europe 1.

Sur fond de chassé-croisé des vacances de printemps, déjà compliqué par une grève à la SNCF, de nombreux vols avaient déjà été annulés vendredi dans le sud de la France, à Lyon et à Marseille ainsi qu'à Nice.

Le Premier ministre, François Fillon, a convoqué les ministres concernés pour une réunion de travail en fin de matinée à l'hôtel Matignon.

Aucun responsable n'a indiqué pour le moment combien de temps cette situation, qui paralyse une grande partie du ciel européen, allait durer.

L'aggravation de la situation en France est liée à un retour du nuage par l'Est, à haute altitude, a souligné Dominique Bussereau.

"On n'a pas connu de telle situation dans l'aviation civile depuis les attentats du 11 septembre 2001", a estimé de son côté un porte-parole de la DGAC.

PAS DE DANGER POUR LA SANTÉ POUR L'INSTANT

Plus de 120.000 passagers ont été bloqués depuis jeudi.

Air France a indiqué que les passagers dont le vol a été annulé pourraient reporter leur voyage en fonction des disponibilités ou demander le remboursement de leurs billets.

Les tour-opérateurs ont demandé au gouvernement à les aider pour le rapatriement de leurs clients bloqués à l'étranger. Mais Dominique Bussereau a répondu que ce n'était "pas l'affaire du gouvernement".

"Qu'ils prennent leurs responsabilités. Il faut que les tour-opérateurs qui sont bien contents de trouver leurs clients pour les faire vivre s'occupent de leurs clients, de leur accueil et de leur rapatriement", a-t-il dit.

"Est-ce que vous voulez qu'on envoie des avions militaires qui de toute façon ne peuvent pas voler ? Tout ça n'est pas sérieux", a-t-il ajouté.

Le secrétaire d'Etat aux Transports a estimé que les compagnies avaient tout intérêt à s'occuper au mieux de leurs clients.

Un débat a été lancé au niveau européen sur le principe de force majeur invoqué par une partie des professionnels, considérant qu'ils n'ont pas à prendre en charge les frais supplémentaires de leurs clients bloqués.

"Tout ça fera l'objet de contestations, y compris peut-être devant la justice. Mais nous n'en sommes pas là", a dit Dominique Bussereau.

A l'instar de toute l'Europe continentale, l'éruption du volcan islandais sème la pagaille en France depuis jeudi.

"La remise en marche de la machine globale ne se fera pas de manière instantanée", a prévenu le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo.

Le directeur de la DGAC, Patrick Gandil, a également évoqué une "désorganisation" qui pourrait durer.

Les cendres volcaniques rejetées par le volcan islandais contiennent des particules de verre et de roche pulvérisée qui peuvent endommager les moteurs et le fuselage des appareils.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), on ne peut pas exclure que ce nuage pose des problèmes aux personnes souffrant de difficultés respiratoires.

Dans un communiqué, la Direction générale de la Santé (DGS) française souligne cependant que "la haute altitude et la dispersion du nuage de cendres évitent un impact sanitaire significatif actuellement".

"En fonction de l'évolution de la situation et si cela s'avère nécessaire, des recommandations sanitaires seront émises", souligne la DGS.

Gérard Bon, édité par Sophie Louet