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Aubry veut chercher de nouvelles ressources pour les retraites

Dans une tribune publiée dans Le Monde, le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, juge qu'il y a urgence à trouver de nouvelles ressources pour financer les retraites en France afin de mettre au point une réforme socialement juste. /Photo

Dans une tribune publiée dans Le Monde, le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, juge qu'il y a urgence à trouver de nouvelles ressources pour financer les retraites en France afin de mettre au point une réforme socialement juste. /Photo - -

PARIS - Martine Aubry juge qu'il y a urgence à trouver de nouvelles ressources pour financer les retraites en France afin de mettre au point une...

PARIS (Reuters) - Martine Aubry juge qu'il y a urgence à trouver de nouvelles ressources pour financer les retraites en France afin de mettre au point une réforme socialement juste.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, le premier secrétaire du Parti socialiste exclut tout recul de l'âge légal du départ à la retraite et met en garde le gouvernement contre la tentation de "dramatiser" le débat "pour imposer ses décisions à sens unique dans l'urgence".

La dirigeante du principal parti d'opposition s'exprime deux jours après l'ouverture de la concertation entre gouvernement et partenaires sociaux sur la réforme souhaitée par le président Nicolas Sarkozy et avant la publication du nouveau rapport du Conseil d'orientation des retraites.

L'instance qui associe partenaires sociaux, experts et élus, table sur un déficit des régimes de retraites qui pourrait atteindre 114 milliards par an à partir de 2050.

Pour Martine Aubry, ce rapport est "un élément parmi d'autres de l'évaluation financière et (il) ne doit pas être instrumentalisé pour imposer des choix de société".

Dans un billet publié sur son blog, le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon va un cran plus loin, dénonçant une "grotesque campagne d'affolement" lancée selon lui par le gouvernement sur la base du rapport du COR.

"Il est clair que cette vague de propagande est le lever de rideau du débat sur les retraites", écrit le député européen. "Dire que l'on calcule pour 2050 c'est comme si on affirmait qu'en 1970 on aurait pu prévoir l'état de la société en 2010", ajoute-t-il.

Dans Le Monde, Martine Aubry, qui fut ministre des Affaires sociales du gouvernement Jospin, promet que les socialistes seront "inventifs pour trouver des solutions qui garantissent la pérennité et l'équité du système par répartition".

SURTAXE POUR LES BANQUES?

Le PS, dont les principaux courants, qui divergent sur les pistes de réforme des retraites, doivent avoir une "réunion de cadrage" mardi prochain, sera "au rendez-vous des contre-propositions" mais "nous le ferons sans céder aux ultimatums", prévient le premier secrétaire.

Le gouvernement veut aller vite - présentation des grandes lignes du projet de loi fin mai ou début juin et présentation du texte au Parlement en septembre - mais pour Martine Aubry, "il faudrait (...) prendre le temps d'une véritable négociation pour trouver les voies d'une réforme juste et viable".

Sur le fond, "réformer les retraites suppose d'introduire sans tarder de nouvelles ressources dans le système", souligne Martine Aubry.

Elle évoque un élargissement de l'assiette des cotisations à la valeur ajoutée, des cotisations sur les stock-options, "l'abolition des privilèges fiscaux" ou une surtaxe de 10% de l'impôt sur les sociétés acquitté par les banques.

En janvier, Martine Aubry avait semblé ouvrir la porte à un relèvement de l'âge légal de départ à la retraite, actuellement fixé à 60 ans.

"Je pense qu'on doit aller, qu'on va très certainement vers 61 ou 62 ans", avait-elle dit sur RTL avant de préciser sa pensée, une semaine plus tard, expliquant qu'elle parlait de l'âge moyen réel de départ à la retraite en France.

Dans Le Monde, elle assure que le PS défendra "le maintien de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans". Le PS ne renonce pas pour autant à "donner plus de souplesse aux choix individuels", précise-t-elle, ajoutant qu'il "faut tenir compte des parcours professionnels et de leur pénibilité".

Au-delà des retraites, Martine Aubry, qui souhaite que la gauche pose les fondements d'une "société du care" (le soin), veut réussir la "révolution de l'âge".

"Mieux vivre le grand âge dans une société solidaire, c'est non seulement assurer des retraites décentes (...) mais également offrir la possibilité à chacun de vivre et non de survivre", juge le premier secrétaire du PS.

Le PS doit valider fin mai une partie de son projet politique, sur le "nouveau modèle de développement", avant trois autres conventions d'ici à la fin de l'année, sur la rénovation interne, l'international et l'égalité réelle.

Laure Bretton, édité par Sophie Louet