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Artisanat: la première entreprise de France à la peine

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La semaine de l’artisanat est l’occasion de faire le point sur ce secteur d’activité. Il souffre comme le reste de l’économie française.

L’artisanat c’est environ 1 million d’entreprises et 1 800 000 emplois. Il faut dire qu’une entreprise artisanale sur deux se réduit à l’artisan lui-même. A cela il faut ajouter un peu plus de 200 000 apprentis.

Dernier élément statistique, le secteur du bâtiment au sens large représente la moitié des emplois.

L’artisanat souffre : l’UPA, le syndicat des artisans met en avant la hausse récente de TVA, la baisse des crédits d’aide à l’apprentissage de 500 millions d’euros en 2014. Elle met en avant le fait que le CICE n’a pas ou assez peu bénéficié au secteur et demande à ce que l’artisanat soit associé d’une façon ou d’une autre au pacte de responsabilité.

Est-ce que les artisans sont entendus ?

Pour le moment, alors que nous sommes en pleine campagne pour les municipales, les artisans demandent des engagements fermes des futurs élus sur l’évolution de la Contribution foncière d’entreprise, qui est un des impôts qui ont remplacé l’ancienne taxe professionnelle. Beaucoup de candidats ont pris ou prennent l’engagement de ne pas l’augmenter d’un taux supérieur à l’inflation s’ils sont élus. Evidemment nous en sommes au stade des promesses.

Par ailleurs, le gouvernement s’apprêterait à annoncer une baisse des cotisations des artisans. On ne sait pas si ce sont les cotisations qu’ils acquittent pour leurs salariés ou les cotisations à leur régime de sécurité sociale (le RSI pour régime des salariés indépendants). L’enveloppe serait d’un milliard d’euros et serait prise dans le cadre du pacte de responsabilité.

Cela sera-t-il suffisant ?

C’est évidemment une bouffée d’oxygène. Mais dans les revendications les plus pressantes du monda artisanal, il y a la réhabilitation du travail manuel. Le rapport Gallois proposait d’augmenter de 100 000 le nombre d’apprentis et l’Etat a réduit de 500 millions en 2014 ses crédits en la matière.

Le 20 juin dernier le président de la République rappelait qu’il y a un socle de 300 000 emplois vacants dans ce pays qui ne trouvent pas preneur. Quand on regarde par secteurs, il y a des emplois très qualifiés d’informaticiens pour lesquels le système de formation a du mal à suivre les mutations technologiques mais il y a surtout des emplois dans les métiers de la restauration et de la construction, c'est-à-dire les secteurs de référence de l’artisanat.

L’effort de réhabilitation doit commencer dès l’école : mieux vaut un bon apprenti qu’un mauvais étudiant …

Jean-Marc Daniel