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Après avoir bondi au début du confinement, la consommation s'est effondrée par la suite

Les Français consomment plus que la moyenne des pays de l'UE

Les Français consomment plus que la moyenne des pays de l'UE - PASCAL PAVANI / AFP

Selon la dernière note de conjoncture de l'Insee, la consommation des ménages a fortement reculé début avril. L'activité économique globale chute elle en moyenne de 36%.

Ce n'est évidemment pas une surprise, la poursuite du confinement intensifie la chute massive de l'activité économique et de la consommation des ménages. Cette dernière avait néanmoins bondi de 40% à l'annonce des mesures de restrictions (le 16 mars), les foyers français se ruant sur les produits alimentaires.

Ce bond est néanmoins très vite retombé et selon le second point de conjoncture de l'Insee, la consommation des ménages subit une perte de l’ordre d’un tiers (-35%) au 9 avril.

L'institut statistique précise néanmoins avoir changé de méthode de calcul entre les deux points de conjoncture, se basant désormais notamment sur des "sources moins conventionnelles (...) comme les informations sur les transactions par cartes bancaires ou bien les statistiques issues de moteurs de recherche".

Achats d'anticipation

Ce repli brutal s'explique assez aisément: "les achats d’anticipation ont été massifs juste avant le confinement: par exemple, les dépenses alimentaires du lundi 16 mars 2020 ont plus que triplé par rapport au lundi correspondant de 2019. La consommation des ménages s’est depuis stabilisée en fort recul par rapport à la normale", peut-on lire.

Traduction, les Français consomment moins car ils respectent globalement les mesures de restriction de mouvement.

Cela s'illustre dans les disparités observées: "la vente à distance chute moins que la vente "physique". Et même pour les secteurs où les montants de transactions se maintiennent, la fréquence des achats diminue mais le panier moyen tend à augmenter".

On observe d'ailleurs le même mouvement pour les achats de carburants qui ont bondi de 40% le 16 mars pour chuter de 70% deux jours plus tard. Au contraire, dans les commerces non essentiels qui ont immédiatement fermé, la chute atteint 90% dès la mi-mars.

Certaines industries conservent un niveau d'activité normal

L'Insee note également que le confinement a entraîné une diminution de la consommation d’électricité de l’ordre de 15 à 20% "toutes choses égales par ailleurs (à conditions météorologiques équivalentes), avec des baisses marquées dans la grande industrie manufacturière (-27% sur la deuxième semaine de confinement par rapport à la période d’avant-crise) et dans le transport ferroviaire (-57%), tandis que la consommation résidentielle a tendance à augmenter".

Globalement, la perte d’activité se confirme à plus d’un tiers du PIB (-36%). "Dans les branches principalement marchandes (qui représentent 78% du PIB), la perte d’activité est estimée à -42%, avec de forts contrastes: certains services sont quasiment à l’arrêt (hébergement et restauration) tout comme certaines branches industrielles ; à l’inverse les industries agro alimentaires, pour ne citer qu’elles, fonctionnent à un niveau relativement proche de la normale".

"Sur le champ marchand, la chute de la consommation des ménages est d’ampleur a priori un peu inférieure à celle de l’activité économique, du fait d’un probable fort mouvement de déstockage", ajoute l'Insee. 

Olivier Chicheportiche