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Adidas: Tapie pourrait-il éviter de rembourser les 400 millions d'euros?

Bernard Tapie s'est pourvu en cassation.

Bernard Tapie s'est pourvu en cassation. - Boris Horvat - AFP

La cour de cassation examine le pourvoi de Bernard Tapie et ses liquidateurs qui contestent l'arrêt de la cour d'appel de Paris. L'avocate générale a proposé la cassation partielle de l'arrêt, estimant qu'une partie des sommes réclamées ne lui semblait pas justifiée.

La cour de cassation s'est penchée mercredi sur le pourvoi de Bernard Tapie et ses liquidateurs, qui contestent l'arrêt de la cour d'appel de Paris les obligeant à rembourser 400 millions d'euros dans le litige qui oppose depuis plus de vingt ans l'homme d'affaires au Crédit Lyonnais.

L'avocate générale a proposé la cassation partielle de l'arrêt sur deux points qui ne remettent pas en cause l'essentiel de la décision de la cour d'appel sur les 400 millions d'euros mais pourrait, s'ils étaient suivis par la cour, entraîner un nouveau procès en appel sur certains aspects de l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais. Caroline Henry a, en effet, considéré que "la rupture brutale" du soutien commercial apporté par la banque au groupe Bernard Tapie, un an après la vente d'Adidas, pouvait être considérée comme abusive et qu'une partie des sommes réclamées à Bernard Tapie et aux liquidateurs, liées à l'arbitrage annulé, ne lui semblait pas justifiée. La cour a mis son arrêt en délibéré au 18 mai.

"C'est un comportement indélicat, illégal"

La cour d'appel de Paris avait le 3 décembre 2015 infligé un sérieux revers à l'homme d'affaires en le condamnant à rembourser les 404 millions d'euros octroyés en 2008 dans le cadre de l'arbitrage pour trancher son litige avec l'ancienne banque publique sur la revente d'Adidas en 1994.

"Le Lyonnais a acheté Adidas pour son propre compte sans que Bernard Tapie le sache, c'est un comportement indélicat, illégal mieux, une trahison", a lâché Emmanuel Piwnica, avocat du groupe Bernard Tapie. "Aujourd'hui, Bernard Tapie se bat pour sauver son honneur, pour qu'il ne soit pas dit qu'il est un voleur mais soit reconnu comme une victime", a ajouté Frédéric Thiriez, représentant le couple Tapie. "On a tout dit de lui sauf qu'il était un imbécile, c'est pourtant ce qu'on tente de faire croire en prétendant qu'il aurait accepté de vendre pour 2 milliards de francs (320 millions d'euros) une entreprise qui en valait 4 milliards.

L'avocat du consortium de réalisation (CDR) chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais a expliqué quant à lui que Bernard Tapie avait tenté sans succès de vendre par lui-même Adidas dont la situation était dégradée avant de se tourner vers le Crédit Lyonnais pour trouver une porte de sortie convenable sur la base d'un prix fixe qu'il a lui-même fixé.

D.L., avec AFP