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Accord FMI-BCE-UE: vers un effacement de la dette grecque ?

La façade de la Banque nationale grecque le 13 février, après des manifestations anti-rigueur à Athènes.

La façade de la Banque nationale grecque le 13 février, après des manifestations anti-rigueur à Athènes. - -

Le FMI préconise que les créanciers européens du pays prennent leur part de perte. Un moyen selon l’institution de rendre celle-ci soutenable. En Europe, l'opposition est forte, mais les lignes semblent bouger à ce sujet.

La dette grecque est encore au cœur des discussions ce 26 novembre. Les ministres de Finances de la zone euro, les représentants de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international se réunissent à Bruxelles ce lundi. Tous espèrent (enfin) trouver un accord sur le versement des 44 milliards d’euros d’aide promis à Athènes. 

L’octroi de cette tranche de prêt aurait dû intervenir au printemps. D’autant que "toutes les actions demandées [à la Grèce] ont été entreprises de manière satisfaisante", atteste le communiqué paru à l’issue de la dernière réunion sur le sujet, lundi dernier.

Athènes a fait un "travail remarquable", assure Patrick Legland, chef économiste à la Société Générale CIB. Elle a réduit le déficit grec de plus de 16% en 2009, à 7,6% en 2011. Le problème, regrette-t-il, est "qu’à chaque fois que le pays diminue son déficit d’un point, la croissance est pénalisée d’un point également"

Le seul remboursement de ses créances coûte à Athènes 8% de son PIB. Alors selon l’analyste, "il faut un effacement de la dette grecque, d’une manière ou d’une autre".

La BCE et l'Allemagne opposées à un défaut grec

C’est aussi la solution pour laquelle plaide le FMI. L’institution dirigée par Christine Lagarde estime que pour réduire la dette colossale du pays, il faut que ses créanciers publics, qui en détiennent 70%, acceptent d’en effacer une partie. Un effort qu’avaient accepté les banques début 2012, sur 107 milliards d’euros de créances.

La BCE et l’Allemagne ont beau s’opposer à cette option, elle fait son chemin, semble-t-il. Des représentants de la zone euro auraient évoqué un effacement partiel de la dette grecque à l’horizon 2015, pouvait-on lire dimanche dans le journal allemand Welt am Sonntag.

Il est en tout cas avéré qu'une réunion téléphonique s’est tenue samedi entre les acteurs du dossier. Ils se seraient à cette occasion entendus pour réduire les taux d'intérêt des prêts déjà consentis à Athènes. Ils auraient également convenu de rendre à la Grèce les plus-values réalisées par les banques centrales nationales et la BCE sur les titres de dette grecque. 

Pour Patrick Legland, il est peut probable que les créanciers publics d'Athènes décident ce soir de faire une croix sur une partie de leurs avoirs. Et si une telle décision devait intervenir, il faut savoir qu'un défaut, même partiel, ne serait pas neutre pour les contribuables européens. L'économiste parle d’un "impact majeur" en France. La réduction de 200 milliards de la dette grecque pèserait selon lui pour 40 milliards d’euros sur les finances publiques, soit "2% de dette française en plus"

Nina Godart et avec agences