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Accélération du déconfinement: vers un retour à un fonctionnement normal pour les entreprises?

La règle des 4m2 par salarié dans les bureaux, en place depuis le 11 mai, pourrait être abandonnée. Les limitations de passagers dans les transports en commun pourraient elles aussi être assouplies.

La phase 3 du déconfinement devrait être détaillée par le président de la République Emmanuel Macron lors de son allocution dimanche après un dernier point avec le conseil scientifique. L'idée générale est de revenir à un fonctionnement normal de la vie en entreprise. Ainsi, la règle des 4m2 en place depuis le 11 mai pour respecter la distanciation sociale dans les bureaux serait abandonnée.

"C'est l'une des mesures les plus pénalisantes du protocole national de déconfinement" juge un haut responsable patronal. Sa suppression permettrait de faire revenir beaucoup de salariés dans les entreprises.

Les limitations de passagers dans les transports en commun pourraient elles aussi être assouplies pour que les entreprises n'aient plus à faire tourner leurs équipes selon les horaires de travail.

Pression sur Emmanuel Macron

Enfin, le protocole des écoles serait allégé, l'un des freins majeurs à la reprise avec 1 salarié en chômage partiel sur 5 qui ne travaille pas pour garder ses enfants.

Toutes ces mesures pourraient être annoncées ou au moins esquissées dès ce vendredi après la réunion d'Emmanuel Macron avec le conseil scientifique puis avec son conseil restreint de défense et à 48 heures de sa prochaine allocution aux Français.

La pression est en tout cas maximale sur les épaules d'Emmanuel Macron. Avec une crise sanitaire qui semble toucher à sa fin, les chefs d'entreprise demandent de toute urgence à ce que la vie économique redevienne normale.

Choc de confiance

Pour la vice-présidente du Medef Dominique Carlac'h, le chef de l'Etat doit au plus vite trouver les mots pour provoquer un choc de confiance.

"Il faut absolument qu'on ait une parole politique forte qui dise: toutes les conditions sont réunies non seulement pour endiguer l'épidémie, ça c'est une bonne nouvelle, c'est un message optimiste mais de ce fait permettant de reprendre le travail de retourner au bureau", explique-t-elle.

Et c'est précisément aussi le souhait de Bruno Le Maire. Le ministre de l'Economie veut que l'activité revienne à la normale dès cet été, alors que l'économie française ne tourne encore qu'à un peu plus de 80% de ses capacités.

Car après la crise sanitaire, c'est bien la crise économique et sociale qui se rapproche pour le ministre de l'économie avec 500.000 emplois détruits au 1er trimestre 2020. Soit autant que tous les emplois créés depuis le début du quinquennat.

Thomas Sasportas et OC