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À la sortie de Matignon, les syndicats de la SNCF annoncent la poursuite de la grève

Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT Cheminots à la sortie de Matignon.

Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT Cheminots à la sortie de Matignon. - BFMTV

Après avoir été reçus par le Premier ministre ce lundi, les responsables de FO ont annoncé -comme ceux de la CFDT et de la CGT avant eux- la poursuite de la grève contre la réforme de la SNCF.

"Je ne vois pas comment la grève ne se poursuivrait pas", a grondé Pascal Pavageau, le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, à l'issue de son entretien ce lundi avec le Premier ministre, Édouard Philippe.

"On reconnaît l'effort de nous avoir reçus mais on nous explique qu'on ne veut discuter de rien et que rien ne doit bouger", a déclaré le leader de Force ouvrière dans la cour de Matignon. "On a essayé d'être constructifs [...] mais on nous refuse la capacité de négocier", a-t-il ajouté. 

Estimant que le gouvernement entend faire passer la réforme ferroviaire en force, Pascal Pavageau a prévenu que "l'ensemble des cheminots vont se faire avoir" par l'exécutif. Pire, selon lui, en raison de cette absence de dialogue entre les différentes parties concernées, "tout le monde sera perdant", y compris les usagers de la SNCF qui verront les prix augmenter et le nombre de lignes diminuer.

La CFDT déçue de sa rencontre avec le chef de l'exécutif 

Plus tôt dans la journée, la CFDT-Cheminots a aussi annoncé vouloir poursuivre le mouvement de grève à la SNCF. Le syndicat entend également vouloir déposer "une quarantaine d'amendements" en vue de l'examen au Sénat du projet de loi de réforme ferroviaire, ont indiqué ses représentants. 

Il n'est "pas question de lever la mobilisation. On continue", a déclaré Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots, reçue pour "la première fois" par Édouard Philippe depuis le début du conflit.

"On a rencontré un Premier ministre très déterminé sur ses axes mais, derrière ça, prêt à ouvrir des discussions sur des sujets qui nous semblent importants comme celui du nouveau cadre social des nouveaux cheminots, comme celui de la dette, de la pérennisation du financement des infrastructures ferroviaires", a ajouté Didier Aubert.

Des amendements sur l'ouverture à la concurrence

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a souligné de son côté que cette réunion inscrivait le dossier ferroviaire "clairement dans une deuxième phase" où il sera possible de "formuler des propositions avant le passage au Sénat, par le biais d'amendements".

"La CFDT a déjà travaillé sur une quarantaine d'amendements qui seront proposés" et qui concernent "l'ouverture à la concurrence, le statut de l'entreprise, la situation très concrète des cheminots", a-t-il précisé, soulignant qu'à la CFDT, c'est "mobilisation et proposition, proposition et mobilisation".

Mais "il n'y a pas sur les éléments de calendrier ou de cadre votés à l'Assemblée de retour du Premier ministre" qui "a un langage assez clair et très cash sur le sujet", a ajouté Laurent Berger. Sur la reprise de la dette de la SNCF, "il n'y a pas d'annonce chiffrée", a-t-il confirmé, mais il s'agira d'"une reprise substantielle qui sera précisée d'ici l'ouverture du débat au Sénat" prévu à partir du 23 mai.

L'Unsa, dont les délégués étaient les premiers à être reçus pas Édouard Philippe, avaient également évoqué des promesses de reprises du dialogue, mais aucune garantie ni aucun chiffre.

"Il n'y a pas de débat. La grève se poursuit", indique la CGT-Cheminots

Pour la convention collective de la branche ferroviaire, "nous avons beaucoup insisté pour dire qu'il fallait que l'État s'implique dans la discussion avec le patronat" (l'Union des transports publics et ferroviaires, UTP) "pour construire le nouveau cadre social, de haut niveau pour les cheminots", a aussi indiqué Laurent Berger de la CFDT: "Je crois qu'il a compris qu'on ne pouvait pas laisser le patronat sans une forme de pression sur la discussion sur un nouveau cadre social."

Un peu plus tôt ce lundi, au sortir de son entretien à Matignon, Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, avait déclaré: "Pour nous, la grève se poursuit". "Il n'y a pas de débat", "les grévistes vont poursuivre le combat le temps d'avoir des réponses du gouvernement", a ajouté Laurent Brun, soulignant qu'il reste "encore trois semaines pour interrompre le processus parlementaire" avant l'examen du projet de loi de réforme ferroviaire au Sénat

Lors de la réunion mercredi soir de l'intersyndicale CGT, Unsa, SUD et CFDT, "on va voir si on maintient" la journée "sans cheminots" le 14 mai, "ou si on décale dans le temps car ça se prépare, une journée zéro cheminot", a souligné Didier Aubert.

N.G. et A.M.