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62% des Français prêts à utiliser une application comme StopCovid pour lutter contre le coronavirus

7 Français sur 10 à considérent que la France n’a pas suffisamment recours aux nouvelles technologies pour lutter contre la pandémie.

7 Français sur 10 à considérent que la France n’a pas suffisamment recours aux nouvelles technologies pour lutter contre la pandémie. - AFP

Une étude menée par l'institut Odoxa, que BFM Business vous dévoile, souligne qu'une large majorité des Français sont disposés à télécharger et utiliser une application de "tracking" pour contenir la propagation du virus.

Les Français sont-ils prêts à partager leurs données personnelles pour enrayer la propagation du coronavirus et sortir du confinement plus rapidement? Au regard des résultats de l'étude* réalisée par Odoxa pour le compte de BFM Business, Leyton, SAP, l'Usine Nouvelle, Stratégies et 01net, il semble que la réponse soit un "oui" massif.

Le gouvernement planche actuellement sur la conception d'une application mobile répondant au nom de StopCovid dont l'ambition est de surveiller les interactions sociales. Concrètement, les personnes qui accepteraient d'utiliser l'application (et donc de partager leurs données) pourraient connaître en temps réel les endroits à risque et savoir si elles ont été en contact avec des personnes contaminées. 

Cette annonce a rapidement provoqué de très fortes crispations tant chez les experts que dans la classe politique (y compris au sein de la majorité), alors qu'il s'agirait potentiellement d'une forte atteinte aux libertés individuelles. Mais les Français interrogés, eux, se montrent plus conciliants.

La France jugée en retard technologique

"62% de nos concitoyens se déclarent prêts à la télécharger et à l’utiliser et seulement 17% s’y opposent farouchement. Dans le détail, les plus ouverts à cette utilisation sont les jeunes (72% des 18-24 ans) et les CSP+ (67%). Les plus âgés (54% des 65 ans et plus) et les ouvriers (56%) sont en revanche moins enthousiastes à son égard", note l'institut. En revanche, lorsqu'on leur pose la question de savoir si la France (et non pas eux-mêmes) doit utiliser le traçage de données anonymisées, la majorité est moins forte. 54% des sondés pensent que la France doit utiliser ces outils, contre 44% qui s'y opposent. 

L'étude met également en exergue le fait que les Français attendent non sans impatience le fait de pouvoir utiliser d'autres applications afin de contourner les difficultés du quotidien liées au confinement. Ils sont 7 sur 10 à considérer que la France n’a pas suffisamment recours aux nouvelles technologies pour lutter contre la pandémie, détaille Odoxa. Pour les personnes interrogées, la télémédecine constitue la solution numérique la plus essentielle. Ils sont 89% à être de cet avis. Ils sont même 45% des sondés à juger cet usage prioritaire.

Pouvoir réserver des créneaux horaires

Dans la liste des solutions numériques dont les Français souhaiteraient pouvoir aussi bénéficier, on retrouve la volonté d'être informés en temps réel sur les ouvertures des commerçants (77%), de disposer d'informations fournies de manière plus systématique par les institutions (72%) et de pouvoir bénéficier de recommandations en lien avec leur identité numérique (54%).

Ils sont, enfin, 68% à juger important de pouvoir accéder à des plateformes pédagogiques en ligne et 69% à vouloir réserver des créneaux horaires auprès de leurs commerçants.

Le débat sur les libertés individuelles attendra

Mais les personnes interrogées vont encore plus loin. Selon Odoxa, "les Français sont quasiment unanimes quant à l’idée d’utiliser des caméras thermiques. 79% d’entre eux jugent que la France doit les utiliser pour détecter le fièvre de personnes et les prévenir d’une éventuelle contamination". Ils sont, du reste, près de 6 Français sur 10 (58%) à considérer que les autorités doivent également recourir au Big Data "pour mesurer, anticiper et modéliser les risques de contamination".

Par ailleurs, 51% des personnes interrogées pensent que la France aurait tout intérêt à faire appel aux technologies de reconnaissance faciale pour contrôler les personnes ayant l’obligation de rester en quarantaine. 47% s'y opposent.

Au global souligne l'étude Odoxa, si la question de l'atteinte aux libertés se pose avec une application comme StopCovid, la réaction des Français en temps de crise est claire. 69% d'entre eux plaident en faveur d'une utilisation plus importante des outils numériques et technologiques. Ils sont seulement 30% à considérer que cet usage pourrait menacer leurs libertés. Un sentiment partagé par toutes les catégories de la population, conclut l'institut.

*Enquête réalisée par Odoxa via internet les 8 et 9 avril 2020 auprès d'un échantillon de 1.003 personnes représentatif de la population française, selon la méthode des quotas (sexe, âge, niveau de diplôme et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération). 

Julie Cohen-Heurton