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60.000 travailleurs détachés abusivement en France selon Michel Sapin

Les abus liés à la directive européenne de détachement concerneraient plus de 60.000 travailleurs en France en 2013.

Les abus liés à la directive européenne de détachement concerneraient plus de 60.000 travailleurs en France en 2013. - -

Alors que les ministres du Travail européens se réunissent, lundi 9 décembre, à Bruxelles pour évoquer le problème des "travailleurs détachés", Michel Sapin a publié, ce 6 décembre, des chiffres concernant ce phénomène en France.

La France continue de faire campagne pour limiter le recours aux travailleurs européens détachés. Lundi 9 décembre, les ministres des affaires sociales de l'UE se réuniront à Bruxelles pour évoquer une réforme de la directive de 2006 régissant cette question.

Ce vendredi 6 décembre, le ministère du Travail a publié des données concernant le détachement de travailleurs. De 38.000 européens travaillant abusivement en France en 2005, on est passé à 60.000 en 2012, selon le ministère du Travail.

Un promoteur condamné pour "complicité de travail illégal"

La directive détachement a en outre permis à 170.000 européens d'être salariés en France en 2012, et devraient en concerner 220.000 en 2013, estime le ministère pour qui "les situations non déclarées sont certainement bien plus nombreuses".

Les estimations du nombre de ces salariés européens, essentiellement des pays d'Europe de l'Est comme le Pologne, pour travailler en France à des conditions plus souples que les Français, oscillent entre 150.000 à 300.000. Un phénomène particulièrement massif dans le BTP.

Un promoteur a justement été condamné à une amende de 210.000 euros pour la première fois en France le 5 décembre pour "complicité de travail illégal" en raison de ses pratiques en la matière.

Sur BFM le 1er décembre, le ministre du Travail se félicitait que les Français utilisent ce dispositif en nombre, faisant de "la France le 3ème pays d'Europe en nombre de détachés qui travaillent pour une entreprise française en Europe, tout en conservant leurs avantages sociaux". Mais il regrettait que "l'élargissement à des pays où les salaires sont beaucoup plus faibles pose problème", reconnaît-il.

Pour être efficace, affirmait-il, il faut "lutter contre ce problème dans toute l'Europe avec les mêmes outils". Mais un consensus sur le sujet sera difficile à obtenir alors que la Grande-Bretagne et les pays de l'Est ont déjà fait part de leur refus de modifier la directive.

N.G.