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500.000 entreprises ont eu recours à un prêt garanti par l'Etat pour un montant de 85 milliards d'euros

En comparaison, le dispositif de prêt garanti en Allemagne n'a soutenu que 55.000 entreprises, souligne sur BFM Business Nicolas Dufourq, directeur général de Bpifrance.

"Je pense qu'on va être à 100 milliards d'euros de PGE (prêt garanti par l'Etat, NDLR). On est à 85 milliards ce matin" et "on va passer les 500.000 entreprises aujourd'hui", explique Nicolas Dufourq, directeur général de Bpifrance sur BFM Business.

Précisons que ce chiffre n'englobe pas les PGE octroyés aux grands groupes (Air France, Renault, Fnac Darty...) qui réalisent plus de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires. En les comptabilisant, le montant des PGE accordés atteint plus de 93 milliards d'euros.

Lancé fin mars, au début du confinement, pour répondre aux difficultés de trésorerie des entreprises dont l'activité était arrêtée ou ralentie, le dispositif de PGE peut théoriquement aller jusqu'à 300 milliards d'euros.

"A comparer au PGE de nos amis allemands qui ne touche que 55.000 entreprises. Donc c'est un immense succès du système bancaire français", selon le directeur général de la banque publique française.

Pas de conversion en fonds propres

"Pour déployer 500.000 crédits en deux mois, il faut imaginer la dépense d'énergie dans les 17.000 agences de l'ensemble des réseaux mutualistes et bancaires français qui était nécessaire", a-t-il relevé.

Nicolas Dufourcq a écarté la possibilité que la totalité de ces prêts soient convertis en fonds propres dans le cas où les entreprises auraient des difficultés à les rembourser ou pour renforcer leur capital. "On ne peut pas convertir 100 milliards d'euros en equity" (capital), a-t-il affirmé.

"Il y aura évidemment de la sinistralité", a-t-il prévenu en ajoutant qu'"historiquement, en 2009, elle était quand même beaucoup plus faible que prévu, donc le pire n'est jamais sûr".

"Cette dette doit être remboursée. A côté de ça, vous avez un certain nombre de PME qui continuent à manquer de fonds propres", un problème qu'on peut traiter "avec des fonds propres purs, avec des obligations convertibles ou avec des outils de prêts très longs", a détaillé Nicolas Dufourcq, citant pour ce dernier cas les crédits de 12 ans avec un différé de remboursement de 3 ans accordés dans le secteur du tourisme.

Olivier Chicheportiche avec AFP