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Dans certains centres-villes, les livreurs en scooter ne sont plus les bienvenus

Les livreurs en scooter font grincer des dents

Les livreurs en scooter font grincer des dents - BFM Paris

Montpellier et Nantes ont décidé de sévir, après les nombreuses plaintes des riverains. Et d'autres villes pourraient suivre.

Au printemps dernier, c'était un des rares bruits qui venaient troubler la quiétude du confinement. Mais avec l'explosion de la livraison, les moteurs de scooters ne sont plus les bienvenus dans certains centres-villes.

Nantes a même décidé de trancher en interdisant purement et simplement la circulation des livreurs à scooter dans son centre-ville à partir de 11h30 tous les matins. L'arrêté municipal ne sera, en revanche, publié qu'une fois le couvre-feu levé, selon les informations du Figaro.

La municipalité imite ainsi Montpellier qui a lancé une opération anti-scooter depuis le début du mois de janvier, après les plaintes des riverains. Les amendes pleuvent et touchent presqu'uniquement des livreurs Uber Eats ou Deliveroo. "J’ai reçu de nombreux mails de riverains qui se plaignent du bruit des scooters. Il est amplifié par le confinement et le couvre-feu, puisqu'on entend qu'eux" expliquait à Midi Libre Sébastien Cote, adjoint à la protection de la population et à la tranquillité publique. L'initiative divise puisque les livreurs (souvent précaires) permettent aussi aux restaurateurs de poursuivre leurs activités malgré les fermetures.

Le scooter au profit du vélo

Mais dans plusieurs villes, les plaintes se multiplient. A Boulogne-Billancourt, Asnières ou encore Vincennes, le va-et-vient des moteurs fait grincer des dents. A Saint-Ouen, c'est Deliveroo qui a pris les devants en interdisant aux livreurs à moteur d'accéder à son site de cuisines partagées.

Ces plaintes sont aussi la conséquence d'un changement majeur dans la profession: l'abandon du vélo, au profit du scooter. Les livreurs vont plus vite, réalisent davantage de commandes et sont ainsi mieux payés. Et en plein couvre-feu, la demande ne faiblit pas. Le modèle économique incite aussi certains livreurs à emprunter des voies piétonnes ou à griller les feux pour grappiller un peu de temps.

La semaine dernière, la marque Just Eat a surpris en annonçant 4500 livreurs recrutés en CDI. Un statut qui leur permettra de lever le pied de l'accélérateur. Pas sûr, pour autant, que cela puisse résoudre les problèmes de voisinage: les grands leaders de la livraison, Deliveroo et Uber Eats, n'ont pas encore l'intention de se passer de livreurs indépendants.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business