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Crise des urgences: Agnès Buzyn travaille sur le "problème de rémunération" de l'hôpital public

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- - Eric Feferberg / AFP

La ministre de la Santé a reconnu ce dimanche un "problème de rémunération" à l’hôpital, sur lequel elle travaille, et aussi un problème d’évolution de carrière, notamment pour les infirmières et les aide-soignantes.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a reconnu ce dimanche qu'il y avait "un problème de rémunération" des personnels hospitaliers et assuré qu'elle y "travaillait" afin de "rendre l'hôpital public plus attractif".

Interrogée sur le plateau de CNews/Europe1/Les Echos, sur une revalorisation salariale générale de 300 euros nets demandée par les personnels, notamment des urgences, Agnès Buzyn a répondu: "il la faut, je suis en train de travailler sur les spécificités".

"Je pense qu'il y a un problème de rémunération si on veut rendre l'hôpital attractif", a-t-elle affirmé. "Un vrai travail doit s'engager. J'ai demandé à mes services d'ouvrir le dossier sur les débuts de carrière, des médecins et des infirmiers parce que c'est vraiment trop difficile aujourd'hui", a décrit Agnès Buzyn, alors qu'un mouvement de grève secoue les services d'urgences depuis bientôt sept mois.

"Je suis dans la boucle de mails des médecins"

La ministre a également évoqué "les deuxièmes parties de carrière, comment valoriser, donner de l'espoir, des perspectives à un certain nombre de professions paramédicales? Je pense aux infirmières, aux aide-soignantes".

Disant "comprendre l'impatience" qui s'exprime à l'hôpital dans son ensemble, elle a vivement critiqué les médecins qui mènent ou prévoient des mouvements de grève, avec en point d'orgue l'annonce jeudi d'une grande manifestation le 14 novembre.

"Ils ne le savent pas mais je suis dans la boucle de mails des médecins qui s'écrivent au sujet de leur envie de faire grève", a souri la ministre, rappelant qu'elle était il y a peu encore médecin à l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

"Je suis sidérée, d'abord de leur méconnaissance du système, du nombre d'informations fausses dont ils disposent et sur lesquelles ils basent leurs raisonnements et à quel point leurs solutions sont des solutions de court terme qui ne régleront pas le problème", a-t-elle ajouté.

"Tout le monde fait le même constat: ça va mal, on sait pourquoi", a-t-elle estimé, rappelant qu'il n'y avait pas selon elle de "désapprobation sur le cap" de sa réforme de la Santé. "D'ailleurs toutes les fédérations hospitalières, les syndicats de médecins sont d'accord sur le cap de la loi" qui a été votée mi-juillet, a-t-elle ajouté "par des députés de droite (et) de gauche".

N.G. avec AFP