BFM Business

Covid-19: d'où viennent les tests antigéniques qui s'apprêtent à déferler sur la France?

Le membre d'une équipe médicale fait un prélèvement pour un test Covid-19 dans la gare de Cologne, le 15 octobre 2020.

Le membre d'une équipe médicale fait un prélèvement pour un test Covid-19 dans la gare de Cologne, le 15 octobre 2020. - Ina FASSBENDER © 2019 AFP

Le président de la République a ouvert la porte, mercredi dernier, à une généralisation des tests rapides. Réputés moins fiables que les tests PCR, ils s'améliorent pourtant et s'avèrent aussi bien moins chers.

Le gouvernement change de stratégie sur les tests. Près d'une semaine après le discours d'Emmanuel Macron, l'exécutif a autorisé l'utilisation des tests rapides, dits antigéniques, par les médecins, les pharmaciens ou les infirmiers.

Sur la plateforme mise en ligne par le ministère de la Santé, 14 tests antigéniques sont autorisés sur le marché et validés par la Haute Autorité de la Santé. Le principe est simple: il s'agit, comme pour les PCR, d'aller chercher au fond du nez ou de la gorge la présence du virus. En réalité, les tests rapides cherchent une protéine présente dans le virus et qui réagit avec une bandelette, en une quinzaine de minutes seulement.

"Il n'y a pas de faux positif" assure Edouard Rauline, directeur général de Medisur, une biotech qui distribue en France ces fameux tests rapides. "Si on dit 'oui', c'est sûr à 100%".

Pour le 'non', c'est un peu plus compliqué. "La fiabilité est à plus de 80% et tend désormais à 90%" poursuit Edouard Rauline. Vu la rapidité du test, une double expertise dans la même journée permet de réduire considérablement la probabilité d'un faux négatif.

Des tests venus de Chine

D'autant que les fabricants améliorent régulièrement la précision de leurs tests. Le procédé existe depuis longtemps: c'est le même qu'un test de grossesse. En choisissant précisément les matières premières qui assurent la réaction, les tests anti-covid se rapprocheront des performances des tests PCR. En revanche, pour le Made in France, il faudra repasser.

"Tout se source en Chine, précisément dans la région d'Hangzhou" explique Edouard Rauline. "Les Chinois ont une vraie avance technologique. Ils ont été les premiers et sont très bons là-dessus".

Les fabricants présents dans la liste du gouvernement sont d'ailleurs tous bien "connus et sérieux" poursuit le patron de Medisur.

Retour en France?

Mais leur efficacité n'est pas la même, expliquait l'APHP au début du mois. Une évaluation comparative de six tests a été réalisée et affiche des disparités entre les différents fabricants. Si l'étude est trop parcellaire pour apporter un jugement définitif elle devrait néanmoins permettre d'affiner la sélection.

Surtout, rien n'interdit une relocalisation en France, d'autant que ces tests rapides peuvent aussi être utilisés dans d'autres maladies comme le diabète. Il n'y a pas de tension sur les matières premières utilisées, comme pour les PCR, et le coût d'un test est devenu bon marché (du moins en Chine): 50 centimes pour un test de grossesse, un peu plus pour un test covid. Medisur, déjà impliqué dans la R&D des fabricants, passera à la fabrication dans les années qui viennent. Et d'autres devraient suivre…

Thomas Leroy Journaliste BFM Business