BFM Eco

Coronavirus: les élus demandent 4 milliards d'euros à l'État pour combler le déficit des transports publics

Le Gart prévient que les collectivités locales vont devoir faire face "à un déficit de ressources qui va se chiffrer, à la fin de l'année en cours, à près de 2 milliards d'euros en termes de versement mobilité et à plus 2 milliards d'euros pour ce qui est de la baisse des recettes tarifaires", soit plus de 20% de leurs revenus.

Le Gart prévient que les collectivités locales vont devoir faire face "à un déficit de ressources qui va se chiffrer, à la fin de l'année en cours, à près de 2 milliards d'euros en termes de versement mobilité et à plus 2 milliards d'euros pour ce qui est de la baisse des recettes tarifaires", soit plus de 20% de leurs revenus. - Jean-Sébastien Evrard-AFP

Le Groupement des autorités organisatrices de transport (Gart), qui regroupe des élus locaux, a indiqué ce lundi avoir écrit à Emmanuel Macron pour que l'État comble le trou financier estimé à 4 milliards d'euros, creusé par la crise du coronavirus dans les transports publics en région.

Le Groupement des autorités organisatrices de transport (Gart), dans un courrier adressé au président de la République le 20 mai, prévient que les collectivités locales vont devoir faire face "à un déficit de ressources qui va se chiffrer, à la fin de l'année en cours, à près de 2 milliards d'euros en termes de versement mobilité et à plus 2 milliards d'euros pour ce qui est de la baisse des recettes tarifaires", soit plus de 20% de leurs revenus.

Le versement mobilité, une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 employés, finance plus de 40% des transports en commun en France. La mise en chômage partiel d'une bonne partie des actifs a fait chuter son rendement. 

En outre, les coûts ont augmenté pour les exécutifs régionaux qui sont aussi les autorités organisatrices de mobilité (AOM) du fait des frais supplémentaires, lié au déconfinement, pour cause de nettoyage des véhicules et stations, installation d'une signalétique spéciale, achats de masques, etc.

Vers des interruptions de service faute d'argent ?

"Conformément à ce qui leur avait été demandé par le gouvernement, les AOM continuent à assumer leurs obligations (...), mais, si une compensation de la baisse du versement mobilité et des recettes tarifaires n'était pas rapidement décidée, certaines AOM pourraient être dans l'obligation de diminuer, voire de cesser de verser, leur contribution forfaitaire aux opérateurs de mobilité dans les prochains mois", a écrit Louis Nègre (LR), le président du Gart.

"Cela pourrait entraîner des baisses voire même des interruptions de services dans les transports du quotidien si importants pour les Français", a-t-il mis en garde.

"Sans évolution de sa situation financière, Ile-de-France Mobilités ne sera plus en mesure, à compter de la fin août, de s'acquitter de sa contribution auprès de ses opérateurs" --essentiellement la RATP et la SNCF--, a-t-il notamment prévenu.

Frédéric Bergé avec AFP