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Coronavirus: fraises, asperges,... Plusieurs récoltes menacées, faute de main d'oeuvre

Les producteurs de fruits et légumes manquent cruellement de main d'oeuvre saisonnière, conséquence de l'épidémie liée au  coronavirus et des fermetures de frontières qui en découlent.

Les producteurs de fruits et légumes manquent cruellement de main d'oeuvre saisonnière, conséquence de l'épidémie liée au coronavirus et des fermetures de frontières qui en découlent. - Raymond Roig-AFP

Alors que les récoltes de fruits et légumes débutent, les agriculteurs redoutent le pénurie de main d'œuvre. La fermeture des frontières barre la route aux saisonniers d'Europe et d'Afrique du nord. Parmi les départements touchés, les Pyrénées-orientales, le Lot-et-Garonne ou la Dordogne. La FNSEA, principal syndical agricole, demande des mesures d'exception pour éviter la perte de récolte.

L'inquiétude gagne l'agriculture et surtout les employeurs agricoles, à l'orée du printemps. De nombreux fruits et légumes vont être récoltés d'ici à quatre ou cinq semaines (fraises, tomates, asperges,...) et la main-d'oeuvre saisonnière risque de faire défaut, à cause de la pandémie de coronavirus.

"Les agriculteurs employeurs sont extrêmement préoccupés par la fermeture des frontières. Nous craignons que le besoin de main d'œuvre sur les exploitations agricoles ne soit pas satisfait et que des productions soient perdues. Ce serait une aberration dans le moment présent" s'inquiète la FNSEA, principal syndicat agricole, qui réclame "les moyens d'assurer une production agricole suffisante face à une demande croissante en produits de saison."

Dans la Dordogne, la récolte des fraises est menacée

Traditionnellement, les cueillettes de fruits et légumes sont assurées en partie par des travailleurs venus de l'UE et des saisonniers venus d'Afrique du nord, mais la fermeture des frontières leur barre la route.

Parmi les premiers agriculteurs concernés par la pénurie de main d'oeuvre, les fraisiculteurs de Dordogne qui voient leur production arriver sans possibilité de la ramasser pour l’instant: "les saisonniers portugais, ou polonais qui viennent d'habitude sont bloqués chez eux à l'étranger à cause de la fermeture des frontières" rapporte Francebleu.

"Les fraises ont démarré en France, les asperges ont démarré en France et très clairement, on a une pénurie de main-d'oeuvre sur ces deux grosses productions", déclare Jérôme Volle, viticulteur en Ardèche et président de la commission emploi à la FNSEA.

Ses craintes se portent également, entre autres, sur la cerise, dont la récolte doit débuter d'ici un mois, et sur la tomate, dont la récolte est déjà effective par endroits, notamment sous serres.

Parmi les départements déjà touchés, les Pyrénées-Orientales, le Gard, l'Hérault, mais aussi la Dordogne, le Lot-et-Garonne ou le Tarn-et-Garonne, déjà confrontés à des difficultés pour récolter. 

La FNSEA réclame l'assouplissement de la durée maximale du travail

Pour remédier à cette situation, la FNSEA réclame "des assouplissements temporaires pour assurer la gestion de main d'œuvre et des adaptations en matière de durée du travail, notamment la durée maximale" mais le droit du travail ne permet pas de faire plus de 48 heures par semaine, rappelons-le.

Le syndicat agricole réclame également, entre autres, la défiscalisation des heures supplémentaires, le recours à des salariés placés actuellement en chômage partiel pour venir en renfort des entreprises en forte activité, notamment saisonnière, au sein de notre filière, ou l'autorisation pour les élèves et étudiants des établissements agricoles qui le souhaitent de venir travailler de façon occasionnelle.

Frédéric Bergé