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Coronavirus: "étranglés" par les charges et privés des touristes, les taxis s'apprêtent à déposer "les clés"

Le syndicat LUT (Locataires unis du taxi) "se rendra en délégation au secrétariat des Transports" vendredi à 14 heures pour rendre leur clé

Le syndicat LUT (Locataires unis du taxi) "se rendra en délégation au secrétariat des Transports" vendredi à 14 heures pour rendre leur clé - G7

Les chauffeurs locataires demandent à être reçus par Jean-Baptiste Djebbari. Ils demandent "le maintient de l'aide exceptionnelle de l'État de 1500 euros" et leur intégration dans le plan public de 18 milliards d'euros pour soutenir le secteur du tourisme.

Les avocats ont déposé leur robe et jeté les "Dalloz", infirmières et médecins ont retiré leur blouse, les enseignants ont brûlé leurs manuels. Désormais au tour des chauffeurs de taxi de protester en déposant leur clé de voiture devant le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. 

À l'appel du syndicat LUT (Locataires unis du taxi), les locataires "se rendront en délégation au secrétariat des Transports" ce vendredi à 14 heures, a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué.

Ces chauffeurs, qui louent leur licence à des sociétés de taxis, appellent le gouvernement à mettre en place un "plan Marshall" pour répondre aux difficultés rencontrées dans le contexte de l'épidémie de Covid-19.

Milan Dejavonic, secrétaire général des LUT, "demande à être reçu par Jean-Baptiste Djebbari afin de le sensibiliser aux difficultés des chauffeurs locataires de véhicules équipés taxi". Avec ses collègues, il procédera à "une remise des clés des voitures des chauffeurs ne pouvant plus continuer à travailler dans les conditions actuelles".

"Nous sommes purement et simplement étranglés par les charges fixes qui ne nous permettent pas de survivre dans un contexte sanitaire où les clients, notamment du tourisme, ont disparu", affirme LUT dans le communiqué.

Les "parents pauvres de la profession"

"La reprise après déconfinement est timide, et nous gagnons à peine de quoi payer la location de notre outil de travail", poursuit le syndicat, qui appelle Jean-Baptiste Djebbari à "intervenir dans l'urgence afin de permettre de maintenir leur outil de production".

Les chauffeurs locataires revendiquent entre autres "le maintien de l'aide exceptionnelle de l'État de 1500 euros jusqu'à fin septembre prochain" et leur intégration dans le plan public de 18 milliards d'euros pour soutenir le secteur du tourisme.

Sur les 65.000 chauffeurs de taxi recensés dans l'Hexagone, environ 31.000 sont locataires, presque autant sont artisans et une petite portion sont salariés, selon Milan Dejanovic. Il estime que les chauffeurs locataires, contraints de louer une licence à des sociétés pour pouvoir exercer, sont les "parents pauvres de la profession".

Pascal Samama avec AFP