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Coronavirus: comment la DGA vérifie l'efficacité des masques en tissu destinés au grand public

Avant d'être mis sur le marché, les masques textiles lavables doivent subir des tests pour vérifier leur efficacité contre le covid-19. Depuis le mois de mars, la direction général de l'armement (DGA) effectue ces opérations. Voici comment...

La direction général de l'armement (DGA) au service de l'industrie textile pour la réalisation de masques grand public. Il y a quelques peu, cette tâche aurait été inimaginable, mais depuis le mois de mars elle est devenue courante. Exceptionnellement, cette mission a été confiée à la demande du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) afin d'identifier des solutions alternatives aux masques FFP2 et chirurgicaux.

Les entreprises envoient donc des échantillons de masques ou de tissus pour vérifier l'efficacité de filtration de particules. Depuis le début du confinement, des centaines de masques ont été testés par la DGA. Ces masques lavables et réutilisables doivent présenter des propriétés de filtration allant d’au moins 70% à plus de 90% de filtration des particules émises d’une taille égale ou supérieure à 3 microns.

Cette expertise est nécessaire, confirme Raymond Levet, ingénieur général de l'armement et directeur du centre NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique). "Les entreprises veulent savoir les performances pour pouvoir qualifier leurs produits sur un label qui a été mis en place", explique le responsable des opérations. 

Des tests sur mannequins connectés

Les masques sont testés dans le laboratoire de Vert-le-Petit, dans l'Essonne. Ce site sensible sert habituellement à valider l'efficacité des équipements utilisés par les militaires sur le terrain. Depuis mi-mars, ces équipes testent scrupuleusement l'efficacité des protections individuelles destinées au grand public. 

L'essayage morphologique se fait d'abord sur des mannequins afin de vérifier la couverture efficace des voies respiratoires. Tous les éléments sont vérifiés: la qualité des élastiques, celle du tissu et la flexibilité de la barrette nasale qui doit épouser parfaitement et confortablement la forme du nez. 

Ces têtes de mannequin sont ensuite placées dans un caisson rempli de particules de sel afin de simuler la respiration humaine. "La comparaison entre la densité de particules présente dans la bouche et celle contenue dans le caisson permet de calculer le pourcentage d’arrêt des particules. Connaissant la taille des virus, cette méthode permet d’évaluer l’efficacité de filtration de chaque masque", explique la DGA.

Des masques avec logo et notice

"Nous avons envoyé nos prototypes à la DGA qui nous a donné la mesure de la performance de nos masques pour qu'ils soient commercialisables, nous avons lancé la production", explique à BFMTV Sylvie Challoux, cogérante de Textile du Maine.

Ces tests réalisés par un tiers compétent sont obligatoires pour pouvoir commercialiser ces produits. Pour les vendre, ils devront aussi afficher un logo pour les identifier et être fournis avec une notice indiquant le mode d’utilisation, de lavage et d’entretien.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco