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Coronavirus: comme Chanel, Total et Danone, Hermès ne sollicitera pas d’aides publiques

Le sellier de luxe, comme quelques autres géants du Cac 40 ces jours-ci, a annoncé ce mardi qu’il ne comptait pas recourir aux aides mises en place par l’Etat pour aider les entreprises à traverser la crise sanitaire.

Des fleurons français de l’industrie prennent sur eux pour ne pas alourdir la facture du coronavirus pour l’Etat. Comme Chanel, Total ou Danone, le groupe français de luxe Hermès a annoncé qu’il ne recourrait pas aux aides publiques mises en place pour aider les entreprises face à l'épidémie. 

Hermès "maintiendra le salaire de base de ses 15.500 collaborateurs en France et dans le monde sans avoir recours aux aides publiques exceptionnelles des différents États", a déclaré le groupe dans un communiqué.

Des salariés dédommagés par leur employeur

En France, notamment, il ne recourra pas au chômage partiel financé par l'Etat pour aider les entreprises dont les salariés sont contraint à l'inactivité par l'épidémie de Covid-19 et les mesures strictes de confinement pour y faire face.

Au cours du week-end, la maison de mode Chanel avait déjà annoncé ne pas se tourner vers le chômage partiel, suivie ce lundi, dans un autre secteur, par le géant de l'énergie Total. Danone a également fait la même annonce, selon la ministre du Travail Muriel Penicaud, qui s’en félicitait ce mardi sur BFM Business. 

Une "attitude responsable" 

“Plusieurs groupes ont qu’ils n’allaient pas demander les aides de l’Etat sur le chômage partiel, même si une partie de l’activité tourne au ralenti, comme chez Chanel ou Total. C’est un acte de responsabilité des entreprises”, s’est réjouie la ministre.

“Il y a des petites entreprises qui ne peuvent pas se le permettre, qui n’ont pas de trésorerie, pas d’activité, pas de chiffre d’affaires qui rentre. Mais lorsqu’un grand groupe n’a pas de difficulté majeures, anticipe qu’il aura un rebond assez fort à la sortie de la crise, je crois que c’est une attitude responsable et je la salue”. 

Hermès, qui a suspendu tous ses sites français de production et ne donne pas d'indication sur une reprise éventuelle, a aussi réduit le dividende qu'il comptait verser à ses actionnaires, à 4,55 euros par action contre 5 euros initialement prévus. Ses dirigeants renoncent à l'augmentation de leur rémunération par rapport à 2019. Enfin, le groupe "fera un don de 20 millions d’euros pour l'AP-HP", c'est-à-dire les hôpitaux de Paris et sa région.

Nina Godart avec AFP