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Unilever se prépare au retour de la pauvreté en Europe

Comme il le fait déjà en Asie, Unilever va vendre ses produits en petit conditionnement.

Comme il le fait déjà en Asie, Unilever va vendre ses produits en petit conditionnement. - -

Pour s'adapter à la conjoncture, le géant anglo-néerlandais souhaite appliquer les méthodes qu'il utilise déjà en Asie : proposer dans les linéaires des produits en plus petit conditionnement, afin de ne pas grever le budget des consommateurs.

"La pauvreté revient en Europe !", clame Jan Zijderveld, le responsable Europe du groupe agroalimentaire Unilver, dans le quotidien allemand Financial Times Deutschland.

Pour s’adapter à la conjoncture économique et au rétrécissement du budget des consommateurs, le groupe a donc décidé d’appliquer une recette qui a déjà fait ses preuves en Asie : vendre en petit conditionnement, à petit prix. Ce qui permet au consommateur à faible revenu de ne pas voir la moitié de son budget course de la semaine englouti dans l’achat d’un paquet de lessive.

Le géant de l’agroalimentaire et des cosmétiques y trouve son compte. "En Indonésie, nous vendons des échantillons individuels de shampoing pour 2 à 3 centimes et nous gagnons de l'argent" a indiqué le patron Europe d'Unilever.

Les tablettes de chocolat perdent 2 carrés

Nos linéaires vont-ils bientôt ressembler à ceux de certains pays émergents? La réponse est non, assure un expert du secteur. Il confirme en revanche que les industriels se sont lancés depuis quelques années dans le "DownSizing", c'est à dire la fabrication d'offres et de produits vendus dans de plus petits formats. Des tablettes de chocolat ont perdu 2 carrés, des briques de jus de fruits, 150 ml.

Jusqu'à présent, cette réduction des contenus était plutôt utilisée pour lutter contre la hausse des matières premières. Aujourd'hui, il s’agit de faire baisser la valeur faciale des produits et donc favoriser le pouvoir d'achat.

En fait, le mot clef pour les industriels est l’accessibilité. Autrement dit être capable de vendre "en gros", des bidons de 12 litres de lessive par exemple, et en même temps proposer de plus petites quantités, donc à des prix inférieurs.

Unilever veut se montrer souple et agile sur un secteur en pleine mutation. D'ailleurs, comme le dit Jan Zijdervel, d'Unilever : "les marchés en Europe sont un peu les Jeux Olympiques de la distribution: le plus difficile! Qui se sort d'ici, y arrivera partout !".

Jean-Baptiste Huet et BFM Business