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Une (autre) usine de Lactalis dans le viseur de la justice

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- - Jean-Francois Monier - AFP

Une fromagerie du groupe qui déverse depuis des années ses eaux usées directement dans l'Isère, et deux de ses dirigeants, comparaîtront le 25 juin devant le tribunal correctionnel de Grenoble.

La fromagerie L'Etoile du Vercors (groupe Lactalis), ainsi que l'ancien et l'actuel dirigeant de cette société, comparaîtront le 25 juin devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour "pollution" de la rivière Isère par les rejets de l'usine, selon le parquet.

La société Etoile du Vercors et les deux dirigeants "sont poursuivis des chefs de pollution de l'Isère et non-respect des arrêtés préfectoraux autorisant l'exploitation de la fromagerie", située à Saint-Just de Claix (Isère), a précisé le procureur de la République adjoint de Grenoble Laurent Becuywe.

Le maire de la commune iséroise de quelque 1.200 habitants, Joël 0'Baton, "se bat depuis 17 ans pour que la laiterie se raccorde au réseau des eaux usées", avait rappelé mi-novembre à l'Assemblée la députée de l'Isère Élodie Jacquier Laforge (Mouvement démocrate), en interpellant la secrétaire d'État à la Transition écologique Brune Poirson.

Les eaux usées d'une ville de 10.000 habitants

La députée s'étonnait que le groupe laitier Lactalis, géant de l'agroalimentaire et gérant de cette société, "puisse continuer à cracher quotidiennement l'équivalent des eaux usées d'une ville de 10.000 habitants" dans la rivière.

La société fromagère, qui emploie 140 personnes, "pollue effectivement en rejetant des effluents, sans traitement préalable, directement dans l'Isère", avait reconnu la secrétaire d'État. "C'est une situation pas conforme à la législation et préjudiciable", avait poursuivi Brune Poirson, ajoutant que la société avait récemment fait part d'un projet de station d'épuration pour cette fromagerie.

Les eaux usées rejetées dans l'Isère par l'usine comprennent les résidus du lait mais aussi les produits de nettoyage et de désinfection. Dans un communiqué, Lactalis "confirme sa volonté de construire une station d'épuration" dans la commune et il rappelle avoir "mandaté des études qui ont montré que le raccordement à la station intercommunale n'était techniquement pas pérenne et ne pouvait recevoir le type d'effluents de la fromagerie sans pénaliser son fonctionnement".

"Les détails techniques des investissements, qui sont de 2 millions d'euros, par ailleurs déjà versés et consignés, ont été largement partagés avec les services compétents de l'État", ajoute-t-il.

N.G. avec AFP