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Trafic de viande de cheval: pourquoi des chevaux chez Sanofi?

Sanofi Pasteur utilisait des chevaux pour produire des vaccins grâce aux anticorps produits par ces animaux.

Sanofi Pasteur utilisait des chevaux pour produire des vaccins grâce aux anticorps produits par ces animaux. - -

Le géant de la pharmacie s'est constitué partie civile dans l'affaire de trafic de chevaux issus de l'industrie pharmaceutique vers l'industrie alimentaire, qui a éclaté ce 16 décembre. Mais que fait Sanofi avec des chevaux?

Que vient faire Sanofi dans ce nouveau scandale alimentaire concernant la viande de cheval? Une vingtaine de personnes ont été interpellées ce lundi 16 décembre. Elles sont soupçonnées d'être impliquées dans un trafic de viande chevaline impropre à la consommation mais néanmoins arrivée sur le marché alimentaire. Certaines bêtes provenaient notamment de l'industrie pharmaceutique, et plus particulièrement du laboratoire Sanofi.

"Une usine à anticorps"

Sur les 200 animaux concernés par cette fraude, 60 ont été revendus par Sanofi Pasteur, la division vaccin du groupe, qui a décidé de se constituer partie civile, a indiqué Brice Robin, le procureur en charge de l'affaire. Mais pourquoi le laboratoire a-t-il recours à des chevaux?

Parce qu'ils sont "une usine à anticorps", explique Alain Bernal, le porte-parole du groupe. Ils ont servi à "produire des sérums, des médicaments qui sauvent les vies humaines, c'est-à-dire qui servent à protéger l'être humain contre la rage, le tétanos, les venins de serpents", a-t-il expliqué.

Impropres à la consommation, mais pas nuisibles à la santé

En somme, "on le vaccine, l'organisme du cheval va générer des anticorps dans le sang. On extrait le sang, on extrait les anticorps, on les purifie et ensuite ça devient un produit pharmaceutique", précise le porte-parole.

Le laboratoire revendait ensuite les chevaux en spécifiant qu'ils ne devaient en aucun cas se retrouver dans la filière alimentaire, mais être utilisés pour les loisirs ou dans les écoles vétérinaires. Sanofi Pasteur assure pour autant que les animaux concernés ne présentent pas de danger pour la consommation humaine. Si leur certificat de vente précise qu'ils "ne doivent pas intégrer la filière alimentaire", ce n'est "pas parce qu'il y a un danger, mais par mesure de précaution", précise le porte-parole du groupe.

Une information confirmée par le procureur chargé de l'enquête selon qui, en l'état des analyses toxicologiques, il n'y a "pas de certitude que ces animaux étaient nuisibles à la santé humaine". "Impropres à la consommation" ne signifie pas nécessairement "nuisibles à la santé de l'homme", a-t-il poursuivi, précisant qu'il s'agissait d'"une fraude aux normes sanitaires, pas d'une fraude sanitaire".

Sanofi n'est à priori pas impliqué dans le trafic. D'après les enquêteurs, c'est l'un des sites du groupe qui aurait revendu des chevaux entre 2010 et 2012 à un marchand du Gard, qui les aurait lui-même cédés à l'organisateur de la fraude, à des prix biens inférieurs aux chevaux destinés à l'industrie agroalimentaire.

N.G. avec AFP